Danube

« Le Danube, l’un des plus longs fleuves du monde, traverse l’ Europe d’ouest en est et relie dix pays entre eux. C’est sur ce fleuve que, depuis 1956, est organisée la plus longue excursion de canoë et d’aviron au monde, le Tour International Danubien (TID). » Il s’agit d’une navigation en itinérance et semi autonomie, car si es étapes et les campement sont déterminés à l’avance, chacun reste libre de ses heures de départ quotidien, de naviguer en groupe, en couple ou seul. Cette année est la 69eme édition de ce voyage, autant dire que les choses sont rodées. Étant le seul Français, j’ai dû me débrouiller pour communique des restes d’allemand appris à l’école il y a fort longtemps et d’un peu d’anglais. Les participants sont en majorité allemands, puis autrichiens, croates, roumains, hongrois, bulgares, quatre anglais, trois suisses, deux néerlandais, un polonais. Le départ a lieu à Ingolstadt en Allemagne à la mi juin. Ensuite certains tentent de rejoindre Baila en Roumanie à 2300 km en deux mois et demi, d’autres se contentent d’une ou deux étapes. Pour ma part, pour découvrir ce fleuve, je me suis inscrit pour aller d’Ingolstadt à Vienne en Autriche, soit 530 km en 13 étapes plus deux jours de repos. Il s’agissait aussi pour moi de tester ma capacité à voyager léger. J’ai l’habitude de charger ma voiture de divers matériels pas forcement toujours nécessaires. Là, tout devait rentrer dans les deux coffres de mon kayak : tente, matelas, duvet, fauteuil, réchaud, un peu de nourriture à renouveler en chemin, quelques vêtement, un kit de réparation, des gourdes d’eau…Très vite ma routine s’est installée : lever à l’aube, petit déjeuner, démontage, chargement du kayak, transport sur le chariot jusqu’à la mise à l’eau, puis le soir l’inverse : chariot, tente, bière (on est en Allemagne) repos, briefing quotidien, repas, coucher.

Bien sûr, ce n’est pas un évènement naturiste, mais naviguant souvent seul, j’ai pu profiter presque tous les jours de long moment de navigation nu, parfois jusqu’à plus de quatre heures d’affilé. De pauses aussi sur les berges le temps d’une baignade ou d’un moment de repos. Seuls les passages des écluses ou les portages pour franchir les barrages et les arrivées aux campements nécessitaient que je me rhabille d’un maillot de bain au moins.

Au fil de l’eau on découvre les paysages, plats à perte de vue ou creusés en méandres dans les reliefs boisés ou les coteaux de vignobles, les villages et les églises et châteaux. On croise les péniches ou les bateaux de croisières. On passe de nombreux barrages qui transforment beaucoup le fleuve en une succession de lacs sans guère de courant. Les campements, souvent sur des terrains de club d’aviron ou de canoë, ou simplement sur des parcs publiques peuvent être un peu sommaires. L’accueil se fait parfois en fanfare et discours des maires locaux. Le moment du briefing sur le parcours du lendemain et les consignes de sécurité reste le moment où tout le monde se regroupe.

Ma femme devait me retrouver à Vienne avec la voiture pour un retour en France à travers la Suisse avec le kayak sur le toit. Mais en fait, je crois que j’aurais pu continuer sans problème tant je me suis habitué à ce rythme de voyage. Mais il faut dire que nous avons bénéficier de conditions météo exceptionnelles de soleil et de chaleur. Pagayer sous la pluie et le vent est sans doute une autre chose !


The Danube, one of the longest rivers in the world, flows across Europe from west to east and connects ten countries. It is on this river that, since 1956, the world’s longest canoeing and rowing expedition, the International Danube Tour (TID), has been held. ” It is a semi-autonomous, itinerant journey: while the stages and campsites are determined in advance, each participant is free to choose their daily departure time and to paddle in a group, as a couple, or alone. This year marks the 69th edition of this event, so it’s safe to say that everything runs like clockwork. As the only French person, I had to make do with the bits of German I’d learned in school a long time ago and a little English. Most of the participants are German, followed by Austrians, Croatians, Romanians, Hungarians, Bulgarians, four Englishmen, three Swiss, two Dutch, and one Pole. The trip starts in Ingolstadt, Germany, in mid-June. Some participants aim to reach Baila, Romania—2,300 km away—in two and a half months, while others are content with just one or two stages. As for me, to explore this river, I signed up to paddle from Ingolstadt to Vienna, Austria—a total of 530 km in 13 stages, plus two rest days. For me, it was also a chance to test my ability to travel light. I’m used to loading my car with all sorts of gear that isn’t always necessary. This time, everything had to fit into the two compartments of my kayak: tent, sleeping pad, sleeping bag, folding chair, a little stove, some food to restock along the way, a few items of clothing, a repair kit, water bottles… Very quickly, my routine took shape: wake up at dawn, breakfast, take down the tent, load the kayak, haul it on the trolley to the launch site, then in the evening, the reverse: trolley, tent, beer (this is Germany, after all), rest, daily briefing, dinner, bedtime.

Of course, this isn’t a naturist event, but since I was often paddling alone, I was able to enjoy long stretches of paddling naked almost every day—sometimes for more than four hours straight. I’d also take breaks on the riverbanks for a swim or a moment of rest. Only when passing through locks, portaging to get past dams, or arriving at campsites did I need to put on at least a swimsuit.

As you drift along the water, you discover the landscapes—flat as far as the eye can see or winding through wooded hills or vineyard-covered slopes—along with villages, churches, and castles. You pass barges and cruise boats. You go through numerous dams that transform much of the river into a series of lakes with hardly any current. The campsites, often on rowing or canoe club grounds, or simply in public parks, can be a bit basic. The welcome is sometimes marked by a fanfare and speeches from local mayors. The briefing on the next day’s route and safety instructions remains the moment when everyone gathers together.

My wife was supposed to meet me in Vienna with the car so we could drive back to France through Switzerland with the kayak on the roof. But honestly, I think I could have kept going without any trouble—I’d gotten so used to that pace of travel. That said, we did enjoy exceptional weather—sunshine and warmth. Paddling in the rain and wind is probably a whole different story!

Newt

Voilà des années déjà que je voulais participer au Newt en Autriche. Mais les aléas de la vie: boulot, famille, voyages, m’en avaient toujours empêché. Mais cette année, c’était décidé: je participe!
Le Newt (Naked European Walking Tour) que l’on pourrait traduire littéralement par voyage européen de marche nue ou plutôt par semaine européenne de randonnue est une initiative de Richard Foley, un anglais vivant à Munich en Allemagne, par ailleurs auteur et éditeur des livres « Active Nudists » et  » Naked Hiking » (ce dernier récemment traduit en français sous le titre « Randonue ») et webmaster du site nacktiv.net. Commencé à l’origine par un voyage solitaire entre l’Allemagne et l’Italie par l’Autriche, Richard a été rejoint au fils des ans par des compagnons. Et cette douzième édition rassemble cette année des marcheurs naturistes venus d’Angleterre, Allemagne, Irlande, Pays Bas, Luxembourg, Belgique, France, Italie, Suisse, Pologne, États Unis et même Singapour. C’est dire si le succès est mondial. (Mais « Nwwt » serait assez imprononçable!). Chaque année un lieu différent, toujours en Autriche, est choisi comme environnement. Cette fois, c’est un chalet près de la commune de Dienten, dans la région de Salzbourg, qui sert de camp de base. Un chalet assez vaste pour accueillir une vingtaine de résidents, deux ou trois autres dorment dans leurs camping cars et un groupe de six se partage entre camping itinérant et retrouvailles au chalet. Un vieux chalet typique, avec des balcons couverts de fleurs, un escalier patiné par le temps et un poêle monumentale qui va bien nous servir par le temps pluvieux qui nous attend. Un chalet suffisamment isolé (quoique à peine) pour accueillir un groupe vivant nu du matin au soir, y compris sur la terrasse.
Mais en ce samedi 9 juillet, il fait encore bien beau pour un premier apéro de présentation. Pour faire connaissance, chacun a, tatoué sur l’épaule, son nom et les langues comprises ou parlées. Bien vite se dégagent deux groupes, l’un germanophone et l’autre anglophone. Mais que ce soit parfois autour d’une table, mais surtout en marchant le long des chemins, ces groupes se morcellent et se mêlent et les conversations sont parfois un mélange de mots des différents langages. Une phrase commencée en allemand peut se terminer en anglais avec quelques mots de français incorporés dans le cours. L’important n’est il pas de se comprendre et d’échanger.

Les balades, si elles sont longues, entre 6 et 9 heures, ne sont pas trop difficiles, faites essentiellement sur les pistes forestières qui mènent aux alpages, des pistes larges et régulières, adaptées au rythme des plus lents et moins expérimentés. D’autant plus que certains qui vont nu pieds marchent précautionneusement. Pour d’autres c’est aussi une découverte du milieu alpin. Exception faites d’un passage quelque peu scabreux, hors tout sentier, le deuxième jour. Mais il s’agissait juste d’une erreur d’orientation et de rejoindre au plus court le chemin normal! Et puis la pluie qui dès le troisième jour ne nous quittera plus rend les terrains glissants, boueux parfois lorsqu’il faut traverser les prairies herbeuses des alpages ravagées par les sabots des vaches. Mais rien n’entame la bonne humeur du groupe et les exclamations d’admiration quand dans une trouée de brouillard se révèlent les sommets du Hochkönig tout proches ou les enfilades des vallées. Le mercredi, une journée de repos consacrée au tourisme a permis de visiter des gorges aménagées, impressionnantes surtout par le débit de l’eau après les orages. Pour ce qui est des rencontres, à part l’une d’elle avec un couple d’une ferme d’alpage, elles ont été plutôt positives: quelques voitures croisées sur les pistes, un salut de la main des conducteurs, des vététistes souriants et deux familles avec des enfants qui ont échangées bonjours et sourires. Mais le plus surprenant a été l’accueil chaleureux dans une auberge d’altitude. Il faut dire que 23 clients un jour de mauvais temps, cela ne se refuse pas, quelque soit leurs tenues ou leur absences de tenues. Mais ce fut un beau moment. Et nul doute que tout le voisinage était au courant de notre présence.


For years I wanted to take part in the Newt in Austria. But the ups and downs of life: work, family, travel, had always prevented me. But this year it was decided: I’m participating!
The Newt , the Naked European Walking Tour, is an initiative of Richard Foley, an Englishman living in Munich, Germany, and author and publisher of books « Active Nudists » and « Naked Hiking » (the latter recently translated into French under the title « Randonue ») and webmaster of the site nacktiv.net. Originally started by a solitary journey between Germany and Italy by Austria, Richard was joined over the years by companions. And this twelfth edition brings together naturist walkers from England, Germany, Ireland, Netherlands, Luxembourg, Belgium, France, Italy, Switzerland, Poland, the United States and even Singapore. This means that success is global. (But « Nwwt » would be pretty unpronounceable!). Every year a different place, always in Austria, is chosen as environment. This time, it is a cottage near the municipality of Dienten, in the Salzburg region, which serves as a base camp. A cottage large enough to accommodate twenty residents, two or three others sleep in their campers and a group of six is ​​divided between itinerant camping and reunion in the cottage. An old typical chalet, with balconies covered with flowers, a weathered staircase and a monumental stove that will serve us well in the rainy weather that awaits us. A cottage sufficiently isolated (albeit barely) to accommodate a group living naked from morning to night, including on the terrace.
But on this Saturday, July 9, it is still beautiful for a first aperitif presentation. To get to know each one, tattooed on his shoulder, his name and languages ​​understood or spoken. Soon two groups emerged, one German-speaking and the other English-speaking. But sometimes around a table, or especially when walking along the paths, these groups break up and mingle and conversations are sometimes a mixture of words of different languages. A sentence begun in German may end in English with a few French words incorporated into the course. The important thing is to understand each other and to exchange.

The walks, if they are long, between 6 and 9 hours, are not too difficult, mainly done on the forest tracks that lead to the alpine pastures, wide and regular tracks, adapted to the rhythm of the slower and less experienced. Especially since some who go barefoot walk cautiously. For others it is also a discovery of the alpine environment. Exception made of a somewhat scabrous passage, off all path, the second day. But it was just a mistake of orientation and to join at least the normal way! And then the rain, which from the third day will never leave us, makes the ground slippery, sometimes muddy, when we have to cross the grassy meadows of the alpine pastures ravaged by the hoofs of the cows. But nothing affects the good humor of the group and the exclamations of admiration when in a gap of fog are revealed the tops of the Hochkönig very close or the rows of the valleys. On Wednesday, a day of rest dedicated to tourism allowed to visit gorges, impressive especially by the flow of water after storms. As for the meetings, apart from one of them with a couple from an alpine farm, they were rather positive: a few cars crossed on the tracks, a greeting from the drivers, smiling mountain bikers And two families with children who exchanged greetings and smiles. But the most surprising was the warm welcome in a mountain inn. It must be said that 23 clients on a bad weather day, this can’t be refused, regardless of their outfits or absences from outfits. But it was a beautiful moment. And no doubt the whole neighborhood knew about our presence.