En ce tout début juillet 2009, je pensais être tout seul à partir de Valpelouse, cette ancienne station de ski aux confins de la Savoie, démontée depuis les années 80. La route qui y monte est encore en bon état, et même entretenue puisque j’y croise des équipes de l’équipement au travail. Sur le parking, il y a déjà plusieurs voitures.
Je démarre en short, mais le quitte vite dès le premier raidillon, une ancienne piste de ski. Arrivé en haut, j’aperçois deux personnes, puis tout un groupe, marchant au loin devant moi. Au dessus de moi, plutôt. Je garde mes distances, puis décide de mettre le short pour contourner ce groupe qui fait une halte sur une butte. Maintenant ils sont dans mon dos, mais suffisamment loin pour que je me remette nu.
Au col de la Perrière, je descend jusqu’au chalet que j’évite puisque j’y vois quelques personnes. Je remonte en direction du col de la Frèche. Dans le chaos rocheux, j’aperçois soudain un éclat lumineux, sans doute un reflet du soleil sur des jumelles. Je remet mon short pour passer à distance des deux hommes assis dans les rochers en dehors du sentier. Des chasseurs? Ils en ont le look vestimentaire. Ils m’ont peut être vu…tant pis.
Je quitte à nouveau le short un peu plus loin. A un embranchement, je prends sur la gauche et domine bientôt tout le chemin que je viens de faire, puis le sentier longe une crête qui domine la vallée de la Maurienne tout en bas. A force de monter, je me rapproche des nuages et c’est dans le brouillard qui monte puis se dissipe brusquement que j’atteins les sommets des Grands Moulins, succession d’entassements énormes de cailloux. Je me rhabille encore une fois, car il y a déjà un couple de randonneurs, un autre arrivant derrière moi. La vue est limitée aux environs immédiats, ou à un aperçu rapide de la vallée dans une déchirure.
Je reste rapidement le seul et dernier sur place. J’attends encore un peu, puis entame la descente de nouveau nu. Je pourrai le rester jusqu’à quelques mètres de la voiture, en ayant fait une halte au chalet de la Perrière, puis un petit détour en suivant quelques chemins de vaches dans les pentes.
In early July 2009, I thought I’d be all alone setting out from Valpelouse, that former ski resort on the edge of Savoie, which was dismantled in the 1980s. The road leading up there is still in good condition—and even being maintained, since I pass crews working on it. There are already several cars in the parking lot.
I set off in shorts, but quickly take them off as soon as I hit the first steep climb—an old ski run. Once at the top, I spot two people, then a whole group, walking in the distance ahead of me. Or rather, above me. I keep my distance, then decide to put my shorts back on to go around this group, which is taking a break on a hillock. Now they’re behind me, but far enough away that I can take my shorts off again.
At the Col de la Perrière, I head down toward the chalet, which I avoid since I see a few people there. I head back up toward the Col de la Frèche. Amid the rocky chaos, I suddenly spot a flash of light—no doubt the sun glinting off a pair of binoculars. I put my shorts back on to pass at a distance from the two men sitting among the rocks off the trail. Hunters? They’re dressed like hunters. They might have seen me… oh well.
I take off my shorts again a little further on. At a fork in the trail, I take the left path and soon look down on the entire route I’ve just covered; then the trail runs along a ridge overlooking the Maurienne Valley far below. Keeping on up, I get closer to the clouds, and it’s in the fog—which rises and then suddenly clears—that I reach the summits of the Grands Moulins, a series of enormous piles of rocks. I put my clothes back on once more, because there’s already a couple of hikers there, and another one coming up behind me. The view is limited to the immediate surroundings, or to a brief glimpse of the valley through a break in the fog.
I’m soon the only one left there. I wait a little longer, then begin the descent, naked once again. I’ll be able to stay that way until just a few meters from the car, having stopped at the Chalet de la Perrière and then taken a short detour along some cattle trails on the slopes.
Je me suis raccroché un peu au dernier moment à une sortie aux Grands Moulins proposée par Jac. Depuis ma balade en solitaire de 2009, j’étais retourné une fois sur ce sommet, mais les conditions et la fréquentation ne permettaient pas d’y être nu. Là nous sommes quatre avec Alain et Thierry. Il y a déjà quelques voitures sur le parking et un couple de randonneurs s’éloigne lorsque nous arrivons. Personne d’autre en vue. On peut démarrer nus. On prend le chemin qui mène au chalet de la Perrière qui s’étire dans la forêt, mais comme le premier objectif est, plus haut, le col de la Perrière, on coupe droit dans la pente pour le rejoindre. Là les choses sérieuses vont commencer, car on va monter par la crête nord-ouest, bien plus directe mais bien plus raide que l’itinéraire classique, celui que j’avais emprunté en 2009, qui contourne la montagne en passant à proximité du col de la Frèche, celui que l’on prendra pour la descente. Tout de suite il faut se faufiler dans les blocs de rochers. Pas de balisage, mais une trace qui disparaît dans les pierriers et une série de cairns qui indiquent la direction. C’est une succession de chaos rocheux, de blocs plus ou moins instable, entrecoupés de passages herbeux, plutôt glissants. L’effort est soutenu. Il faut souvent s’aider des mains. Dans les creux quelques restes d’un saupoudrage de neige. Parfois chacun cherche et fait son propre chemins dans les cailloux. Mais finalement le sommet est en vue…atteint. Ici pas de croix, mais une statuette de nain, scellée dans le rocher. Séance photo dans une lumière obscurcie par les nuages environnants. On attaque la descente et la recherche d’un coin à l’abri du vent pour le pique nique. On remet les shorts pour croiser un couple qui monte. Ils redescendrons lorsque l’on sera à la pause repas et nous les suivrons en fait de loin en évitant de les rattraper pour ne pas avoir à se couvrir. On devra tout de même renfiler les shorts au cours de cette descente, mais très brièvement pour passer à côté d’un groupe de grimpeurs à l’entraînement, puis de deux randonneurs qui arrivent en sens inverse. Mais dans l’ensemble on est restés nus à 97 %! Passage au chalet puis arrivé au parking sur lequel on fait durer le plaisir de rester nus.
At the last minute, I decided to join a climb to Les Grands Moulins that Jac had suggested. Since my solo hike in 2009, I’d been back to that summit once, but the conditions and the number of people there didn’t allow for nudity. This time, there are four of us, including Alain and Thierry. There were already a few cars in the parking lot, and a couple of hikers were heading away as we arrived. No one else in sight. We could set off naked. We took the trail leading to the Chalet de la Perrière, which winds through the forest, but since our first goal—the Col de la Perrière—was higher up, we cut straight across the slope to reach it. That’s where the real work begins, because we’re going to climb up the northwest ridge—much more direct but much steeper than the classic route, the one I took in 2009, which goes around the mountain near the Col de la Frèche, the route we’ll take for the descent. Right away, we have to weave our way through the boulders. There are no trail markers, just a faint path that disappears into the scree and a series of cairns pointing the way. It’s a succession of rocky chaos—more or less unstable boulders—interspersed with grassy sections that are rather slippery. The climb is strenuous. You often have to use your hands for support. In the hollows, there are a few remnants of a light dusting of snow. Sometimes everyone searches for and carves their own path through the rocks. But finally, the summit comes into view… and we reach it. There’s no cross here, just a small statue of a dwarf, carved into the rock. We take some photos in the dim light cast by the surrounding clouds. We begin our descent and look for a spot sheltered from the wind for our picnic. We put our shorts back on to pass a couple coming up. They’ll be heading back down by the time we take our lunch break, and we’ll follow them from a distance, avoiding catching up to them so we don’t have to put our clothes back on. We’ll still have to put our shorts back on during this descent, but only very briefly to pass by a group of climbers training, then two hikers coming from the opposite direction. But overall, we stayed naked 97% of the time! We stopped by the cabin and then arrived at the parking lot, where we made the most of staying naked for as long as possible.






















































































































































































































