Les Grands Moulins

En ce tout début juillet 2009, je pensais être tout seul à partir de Valpelouse, cette ancienne station de ski aux confins de la Savoie, démontée depuis les années 80. La route qui y monte est encore en bon état, et même entretenue puisque j’y croise des équipes de l’équipement au travail. Sur le parking, il y a déjà plusieurs voitures.
Je démarre en short, mais le quitte vite dès le premier raidillon, une ancienne piste de ski. Arrivé en haut, j’aperçois deux personnes, puis tout un groupe, marchant au loin devant moi. Au dessus de moi, plutôt. Je garde mes distances, puis décide de mettre le short pour contourner ce groupe qui fait une halte sur une butte. Maintenant ils sont dans mon dos, mais suffisamment loin pour que je me remette nu.
Au col de la Perrière, je descend jusqu’au chalet que j’évite puisque j’y vois quelques personnes. Je remonte en direction du col de la Frèche. Dans le chaos rocheux, j’aperçois soudain un éclat lumineux, sans doute un reflet du soleil sur des jumelles. Je remet mon short pour passer à distance des deux hommes assis dans les rochers en dehors du sentier. Des chasseurs? Ils en ont le look vestimentaire. Ils m’ont peut être vu…tant pis.
Je quitte à nouveau le short un peu plus loin. A un embranchement, je prends sur la gauche et domine bientôt tout le chemin que je viens de faire, puis le sentier longe une crête qui domine la vallée de la Maurienne tout en bas. A force de monter, je me rapproche des nuages et c’est dans le brouillard qui monte puis se dissipe brusquement que j’atteins les sommets des Grands Moulins, succession d’entassements énormes de cailloux. Je me rhabille encore une fois, car il y a déjà un couple de randonneurs, un autre arrivant derrière moi. La vue est limitée aux environs immédiats, ou à un aperçu rapide de la vallée dans une déchirure.
Je reste rapidement le seul et dernier sur place. J’attends encore un peu, puis entame la descente de nouveau nu. Je pourrai le rester jusqu’à quelques mètres de la voiture, en ayant fait une halte au chalet de la Perrière, puis un petit détour en suivant quelques chemins de vaches dans les pentes.


In early July 2009, I thought I’d be all alone setting out from Valpelouse, that former ski resort on the edge of Savoie, which was dismantled in the 1980s. The road leading up there is still in good condition—and even being maintained, since I pass crews working on it. There are already several cars in the parking lot.
I set off in shorts, but quickly take them off as soon as I hit the first steep climb—an old ski run. Once at the top, I spot two people, then a whole group, walking in the distance ahead of me. Or rather, above me. I keep my distance, then decide to put my shorts back on to go around this group, which is taking a break on a hillock. Now they’re behind me, but far enough away that I can take my shorts off again.

At the Col de la Perrière, I head down toward the chalet, which I avoid since I see a few people there. I head back up toward the Col de la Frèche. Amid the rocky chaos, I suddenly spot a flash of light—no doubt the sun glinting off a pair of binoculars. I put my shorts back on to pass at a distance from the two men sitting among the rocks off the trail. Hunters? They’re dressed like hunters. They might have seen me… oh well.
I take off my shorts again a little further on. At a fork in the trail, I take the left path and soon look down on the entire route I’ve just covered; then the trail runs along a ridge overlooking the Maurienne Valley far below. Keeping on up, I get closer to the clouds, and it’s in the fog—which rises and then suddenly clears—that I reach the summits of the Grands Moulins, a series of enormous piles of rocks. I put my clothes back on once more, because there’s already a couple of hikers there, and another one coming up behind me. The view is limited to the immediate surroundings, or to a brief glimpse of the valley through a break in the fog.

I’m soon the only one left there. I wait a little longer, then begin the descent, naked once again. I’ll be able to stay that way until just a few meters from the car, having stopped at the Chalet de la Perrière and then taken a short detour along some cattle trails on the slopes.


Je me suis raccroché un peu au dernier moment à une sortie aux Grands Moulins proposée par Jac. Depuis ma balade en solitaire de 2009, j’étais retourné une fois sur ce sommet, mais les conditions et la fréquentation ne permettaient pas d’y être nu. Là nous sommes quatre avec Alain et Thierry. Il y a déjà quelques voitures sur le parking et un couple de randonneurs s’éloigne lorsque nous arrivons. Personne d’autre en vue. On peut démarrer nus. On prend le chemin qui mène au chalet de la Perrière qui s’étire dans la forêt, mais comme le premier objectif est, plus haut, le col de la Perrière, on coupe droit dans la pente pour le rejoindre. Là les choses sérieuses vont commencer, car on va monter par la crête nord-ouest, bien plus directe mais bien plus raide que l’itinéraire classique, celui que j’avais emprunté en 2009, qui contourne la montagne en passant à proximité du col de la Frèche, celui que l’on prendra pour la descente. Tout de suite il faut se faufiler dans les blocs de rochers. Pas de balisage, mais une trace qui disparaît dans les pierriers et une série de cairns qui indiquent la direction. C’est une succession de chaos rocheux, de blocs plus ou moins instable, entrecoupés de passages herbeux, plutôt glissants. L’effort est soutenu. Il faut souvent s’aider des mains. Dans les creux quelques restes d’un saupoudrage de neige. Parfois chacun cherche et fait son propre chemins dans les cailloux. Mais finalement le sommet est en vue…atteint. Ici pas de croix, mais une statuette de nain, scellée dans le rocher. Séance photo dans une lumière obscurcie par les nuages environnants. On attaque la descente et la recherche d’un coin à l’abri du vent pour le pique nique. On remet les shorts pour croiser un couple qui monte. Ils redescendrons lorsque l’on sera à la pause repas et nous les suivrons en fait de loin en évitant de les rattraper pour ne pas avoir à se couvrir. On devra tout de même renfiler les shorts au cours de cette descente, mais très brièvement pour passer à côté d’un groupe de grimpeurs à l’entraînement, puis de deux randonneurs qui arrivent en sens inverse. Mais dans l’ensemble on est restés nus à 97 %! Passage au chalet puis arrivé au parking sur lequel on fait durer le plaisir de rester nus.


At the last minute, I decided to join a climb to Les Grands Moulins that Jac had suggested. Since my solo hike in 2009, I’d been back to that summit once, but the conditions and the number of people there didn’t allow for nudity. This time, there are four of us, including Alain and Thierry. There were already a few cars in the parking lot, and a couple of hikers were heading away as we arrived. No one else in sight. We could set off naked. We took the trail leading to the Chalet de la Perrière, which winds through the forest, but since our first goal—the Col de la Perrière—was higher up, we cut straight across the slope to reach it. That’s where the real work begins, because we’re going to climb up the northwest ridge—much more direct but much steeper than the classic route, the one I took in 2009, which goes around the mountain near the Col de la Frèche, the route we’ll take for the descent. Right away, we have to weave our way through the boulders. There are no trail markers, just a faint path that disappears into the scree and a series of cairns pointing the way. It’s a succession of rocky chaos—more or less unstable boulders—interspersed with grassy sections that are rather slippery. The climb is strenuous. You often have to use your hands for support. In the hollows, there are a few remnants of a light dusting of snow. Sometimes everyone searches for and carves their own path through the rocks. But finally, the summit comes into view… and we reach it. There’s no cross here, just a small statue of a dwarf, carved into the rock. We take some photos in the dim light cast by the surrounding clouds. We begin our descent and look for a spot sheltered from the wind for our picnic. We put our shorts back on to pass a couple coming up. They’ll be heading back down by the time we take our lunch break, and we’ll follow them from a distance, avoiding catching up to them so we don’t have to put our clothes back on. We’ll still have to put our shorts back on during this descent, but only very briefly to pass by a group of climbers training, then two hikers coming from the opposite direction. But overall, we stayed naked 97% of the time! We stopped by the cabin and then arrived at the parking lot, where we made the most of staying naked for as long as possible.

Lacs du Verdon

Trois jours, trois lacs. En cette fin de mois de septembre, j’ai eu l’envie de me dépayser au niveau des spots de navigation. Direction le sud et le Verdon. Étant seul j’ai trouvé un camping tout proche de l’eau, un camping textile. Il y avait bien un camping naturiste dans le coin, mais perché sur une colline avec un sentier escarpé pour descendre à une plage. Pas très pratique avec le kayak rigide à transporter !

Arrivé le jeudi soir. Vendredi matin, à 9 heures, mise à l’eau sur ce lac de Sainte Croix. Direction l’entrée des gorges du Verdon. La lumière du soleil rentrait juste entre les falaises de roches, illuminant le fond de la rivière. A cette heure ce n’est pas encore tout à fait la foule des pédalos et autres bateaux de location. Ces gorges sont tellement réputées ! Navigation habillée évidemment. Puis je suis ressorti des gorges et cap sur le lac lui même. Là plus personne. Premier arrêt pour me déshabiller. Un deuxième pour un bain. Le vent se levant quelque peu, j’ai enfilé mon gilet pour une traversé en diagonale vers l’autre rive. Le niveau du lac est plutôt bas avec un marnage de plusieurs mètres. L’île n’est plus qu’une presqu’île. Sa végétation de mangrove est bien sèche, fantomatique.

Samedi, je rejoins en voiture le lac d’Espéron, à une heure de route. J’ai repéré sur la carte un lieu de mise à l’eau. Le parking est encore vide à 9h45. Une rampe de terre mène à l’eau. Je remonte le cours du Verdon entre les bords abrupts en falaises ou en forêts. Quelques autres kayaks, canoës ou sups et des bateaux de locations électriques. Par moments un chemin de randonnée côtoie le cours de la rivière. Au bout d’une heure j’arrive au pont de Quinson et débouche sur un site touristique avec location de pédalos et parking pour camping cars. C’est trop la foule. Cris et musique. Demi-tour. Je rejoins le lac en face du village d’Esparon. Il y a encore un peu de monde sur les rives, piques niques du week end. Je trouve tout de même un coin pour mon déjeuner. En m’éloignant vers la partie plus sauvage du lac, enfin la tranquillité. Je peux me déshabiller et naviguer nu. Le lac est calme, pas même besoin de gilet. Je passe devant la plage (si l’on peut dire) du camping naturiste. L’occasion d’une photo devant le panneau « zone naturiste ». Je m’enfonce dans les recoins des petites baies. Je remet mon maillot de bain avant de revenir à terre. Le parking s’est bien rempli.

Dimanche matin je quitte le camping, direction le lac de Castillon à une soixantaine de kilomètres mais une bonne heure et demi de trajet par la petite route étroite qui domine les gorges. A Saint Julien, mise à l’eau devant la base nautique fermée à cette époque de l’année. Ce lac est tout en longueur. Les berges abruptes de roches découvertes par le marnage ne laissent guère augurer de possibilités de se poser. Une route longe tout au long la rive, avec le bruit du trafic. Je remonte vers Saint André les Alpes à l’extrémité du lac, puis demi tour en longeant cette fois la rive sauvage. Là, j’arrive à trouver quelques petites plages de galets juste suffisantes pour poser le kayak. Je peux me déshabiller et naviguer nu, mais en gardant le gilet, car le vent s’est levé. Encore un arrêt pour profiter d’être seul sur ce lac !


Three days, three lakes. As September was drawing to a close, I felt like getting away from it all and trying out some new paddling spots. So I headed south to the Verdon. Since I was traveling alone, I found a campground right by the water—a conventional campground. There was indeed a naturist campground in the area, but it was perched on a hill with a steep trail leading down to the beach. Not very practical with a rigid kayak to carry!
I arrived on Thursday evening. Friday morning at 9 a.m., I launched my kayak on Lake Sainte-Croix. I headed toward the entrance to the Verdon Gorges. Sunlight streamed in just between the rocky cliffs, illuminating the riverbed. At that hour, there weren’t quite as many pedal boats and other rental boats yet. These gorges are so famous! I paddled fully clothed, of course. Then I emerged from the gorges and headed for the lake itself. There was no one there. First stop to get undressed. A second one for a swim. As the wind picked up a bit, I put on my life jacket for a diagonal crossing to the other shore. The lake level is rather low, with a tidal range of several meters. The island is now little more than a peninsula. Its mangrove vegetation is very dry, almost ghostly.

On Saturday, I drive to Lake Espéron, an hour’s drive away. I’ve spotted a launch site on the map. The parking lot is still empty at 9:45 a.m. A dirt ramp leads down to the water. I paddle upstream along the Verdon River, flanked by steep cliffs or forests. There are a few other kayaks, canoes, and SUPs, as well as electric rental boats. At times, a hiking trail runs alongside the river. After an hour, I reach the Quinson Bridge and come upon a tourist spot with pedal boat rentals and a parking lot for RVs. It’s way too crowded. Shouting and music. I turn around. I head to the lake across from the village of Esparon. There are still a few people on the shores, enjoying weekend picnics. I manage to find a spot for my lunch anyway. As I paddle further toward the wilder part of the lake, I finally find some peace and quiet. I can take off my clothes and paddle naked. The lake is calm—I don’t even need a life jacket. I pass by the “beach” (if you can call it that) at the naturist campground. It’s a good opportunity to take a photo in front of the “naturist zone” sign. I venture into the nooks and crannies of the small coves. I put my swimsuit back on before heading back to shore. The parking lot has filled up quite a bit.

On Sunday morning, I left the campground and headed for Lake Castillon, about sixty kilometers away—but a good hour and a half’s drive along the narrow road that winds above the gorges. In Saint Julien, I launch my boat in front of the water sports center, which is closed at this time of year. This lake is very long and narrow. The steep banks, with rocks exposed by the tides, offer little hope of finding a place to land. A road runs along the entire length of the shore, bringing with it the noise of traffic. I paddled up to Saint André les Alpes at the far end of the lake, then turned around, this time following the wild shoreline. There, I managed to find a few small pebble beaches just big enough to beach the kayak. I was able to take off my clothes and paddle naked, though I kept my life jacket on because the wind had picked up. One more stop to enjoy being alone on this lake!

Chapelle des Sadous

On est trois, Bernard, Robert et moi, pour une randonnue découverte par des chemins qui nous sont encore inconnus au départ du petit village de la Chaudière. L’idée en est venu en consultant des sites internet et les cartes de la région. Bernard a remarqué la présence d’une chapelle en pleine nature, loin de routes d’accès. Ce peut être l’objectif de la sortie !

Le village, quelques maisons, est vite traversé et on se retrouve sur un petit sentier. On s’éloigne à peine et on se déshabille, Bernard gardant encore quelques temps sa chemise.

Dans notre dos s’élèvent les falaises impressionnantes des Trois Becs, notamment son sommet le plus au sud du Veyou. Le chemin suit en descendant légèrement le vallon du ruisseau de la Courance (ou Coulance) dont on entend le murmure de l’eau. Tout au long de la sortie Bernard et Robert herborisent en échangeant leurs connaissances de la flore locale. A une bifurcation il faut prendre à droite. (Bon, on l’a raté mais on s’en est aperçu à temps pour faire demi-tour!). A partir de là c’est une montée bien raide qui nous attends. Le sentier est parfois encombré de ronces qu’il faut élaguer…et aussi de mûres. A l’approche du col de la Beaume on prend à droite un chemin mi descendant mi à flanc qui nous fait changer d’orientation. On a maintenant le sommet de la Servelle de Brette devant nous. On arrive en vue de la chapelle. Dans les environs retentissent des aboiements furieux de chiens de chasse. On ne voudrait pas être pris pour des bêtes à poils ! Devant la chapelle un couple de randonneurs est installé, mais manifestement ils craignent plus les chasseurs que les naturistes ! Une fois qu’ils sont partis, on s’installe pour le pique nique et la visite de l’intérieur du bâtiment, petite chapelle en bon état car restaurée dans les année 80 semble t’il. Après le repas on monte en direction du col de Faraud puis on rejoint la piste forestière, où l’on croise un autre randonneur. Trois véhicules de l’ONF sont garés, l’un deux nous dépassera un peu plus tard. Au col de la Beaume Bernard décide de rentrer par cette piste pour ménager ses genoux. Avec Robert on tente de trouver un sentier qui a dû exister dans le temps puisque marqué sur la carte qui nous permettrait un retour en balcon sur une crête mais la nature a repris sa place et effacé toute trace de cheminement. On se résout donc à finir aussi par la piste qui nous ramène à la Chaudière.

Une belle balade par un temps agréable avec une atmosphère lumineuse qui souligne les panoramas lointains. A inscrire dans le catalogue des sorties des Marcheurs Nus du Val de Roanne !


We’re three – Bernard, Robert and I – on a discovery hike along paths that are still unknown to us, starting from the small village of La Chaudière. The idea for the hike came to us after consulting websites and maps of the region. Bernard noticed a chapel in the middle of nowhere, far from any access roads. This could be the objective of the outing!

The village, with a few houses, is quickly crossed and we find ourselves on a small path. We hardly move away and strip off, Bernard keeping his shirt on for a while longer.

At our backs rise the impressive cliffs of Les Trois Becs, notably its southernmost peak, Le Veyou. The path gently descends into the valley of the Courance (or Coulance) stream, whose murmuring water can be heard. Throughout the outing, Bernard and Robert exchange herbal knowledge of the local flora. At a fork in the road, turn right (well, we missed it, but noticed in time to make a U-turn!). From here, a steep climb awaits us. The path is sometimes cluttered with brambles that need pruning…and blackberries too. As we approach the Col de la Beaume, we take a right-hand path, half downhill, half sideways, which changes our direction. We now have the summit of Servelle de Brette in front of us. We come within sight of the chapel. Furious barking of hunting dogs can be heard nearby. We wouldn’t want to be mistaken for furry beasts! In front of the chapel there’s a couple of hikers, but they’re obviously more afraid of hunters than naturists! Once they’ve gone, we settle in for a picnic and a tour of the interior of the building, a small chapel in good condition since it seems to have been restored in the 80s. After lunch, we head up towards the Col de Faraud, then join the forest track, where we come across another hiker. Three ONF vehicles are parked, one of which overtakes us a little later. At the Col de la Beaume, Bernard decides to return along this track to spare his knees. Robert and I try to find a path that must have existed in the past, since it’s marked on the map, which would allow us to return to a balcony on a ridge, but nature has taken its place and erased all traces of the route. So we decided to finish on the track that takes us back to La Chaudière.

A lovely walk in pleasant weather, with a luminous atmosphere highlighting the distant panoramas. A must for the Val de Roanne Barewalkers’ outings catalog!



Retour à La Chaudière en cette mi janvier 2026. Le soleil brille même si le fond de l’air est encore un peu frais : c’est l’hiver. On est quatre cette fois, Robert connais le parcours, c’est une découverte pour Christian et Bastien. Comme la première fois, on est nu dès que les maisons du village ont disparu derrière le premier virage du sentier. On le restera jusqu’au retour en arrivant à proximité du parking, quatre heures et demi plus tard. Cette fois on ne rate pas l’embranchement du chemin. La montée est raide, je l’avais un peu oublié. Pique nique à la chapelle. Le retour rafraîchissant par la piste à l’ombre nous fait presser le pas.

Back to La Chaudière in mid-January 2026. The sun is shining, even if the air is still a little chilly: it’s winter. We’re four this time. Robert knows the route, but it’s a new experience for Christian and Bastien. Like the first time, we’re naked as soon as the village houses disappear behind the first bend in the path. We’ll stay that way until we return to the parking lot four and a half hours later. This time, we don’t miss the fork in the road. The climb is steep; I had forgotten that. We picnic at the chapel. The refreshing return along the shaded trail makes us quicken our pace.

Montagne de Desse

C’est une petite balade à la montagne de Desse programmée pour les Marcheurs Nus du Val de Roanne, seulement 300 mètres de dénivelé. Mais début novembre les jours commencent à être plus courts et dés que le soleil faiblit les températures baissent. On se gare sur un petit parking à la jonction des deux routes de Marignac. On pourrait partir plus loin du hameau du Moulin, mais cela nous permet de s’échauffer tranquillement sur le plat. La piste est parallèle à la route et on reste encore habillé. Dès que l’on bifurque par un champ on est en tenue. On longe un autre champ labouré celui ci puis pour éviter de passer à proximité d’une maison où travaillent des ouvriers on coupe à travers la végétation pour rejoindre un peu plus haut le sentier. La grimpette est vite raide sur une pente presque découverte ravinée. On est parti à quatre, le cinquième doit nous rattraper en chemin. On décide de l’attendre là, dans la pente et au soleil, avant d’entrer sous le couvert de la forêt. On passe le temps en discutant, Robert raconte son voyage dans les dunes du Maroc. Philippe arrive, tout essoufflé d’avoir grimpé vite. On le laisse se reposer deux minutes et on repars tous ensemble. Le col de Ponet est vite atteint. Puis la crête que l’on va longer, belvédère sur la vallée de la Drôme et la ville de Die au bout. Il fait si bon au soleil que l’on ne se couvre même pas à l’arrêt pour le pique nique. On s’arrête régulièrement autant pour admirer le paysage que pour faire durer le plaisir de cette balade ensoleillée. Mais on atteint quand même le bout de cette ligne de crête et il va falloir descendre par un petit sentier sur la face à l’ombre. Il y fait plus frais, mais une marche plus rapide compense. Arrivé en bas on reprend le petit détour du matin vers la maison puis, arrivés sur la piste, on n’a guère envie de se rhabiller. La route est en vue parallèlement mais peu fréquentée. C’est en voyant au loin un groupe de vététistes qui eux aussi empruntent notre piste que l’on est forcé de remettre shorts et jupettes. Ce sont des enfants encadrés par deux adultes qui regardent bizarrement ces randonneurs torses nus en cette saison.


It’s a short hike up Desse Mountain planned for the Marcheurs Nus du Val de Roanne hiking club, with an elevation gain of only 300 meters. But in early November, the days are getting shorter and as soon as the sun goes down, the temperature drops. We park in a small car park at the junction of the two roads to Marignac. We could start further away from the hamlet of Le Moulin, but this allows us to warm up gently on the flat. The track runs parallel to the road and we remain fully clothed. As soon as we turn off into a field, we change into our walking gear. We walk along another plowed field, then, to avoid passing close to a house where workers are busy, we cut through the vegetation to reach the path a little higher up. The climb quickly becomes steep on an almost bare, ravined slope. We’re off with four people, the fifth is supposed to catch up with us along the way. We decide to wait for him there, on the slope in the sun, before entering the forest canopy. We pass the time chatting, Robert telling us about his trip to the dunes of Morocco. Philippe arrives, out of breath from climbing so fast. We let him rest for two minutes and then set off again together. We quickly reach the Ponet Pass. Then we follow the ridge, with its beautiful view of the Drôme valley and the town of Die at the end. It’s so nice in the sun that we don’t even cover up when we stop for a picnic. We stop regularly, as much to admire the scenery as to prolong the pleasure of this sunny walk. But we still reach the end of this ridge and have to descend a small path on the shady side. It’s cooler there, but we make up for it by walking faster. Once at the bottom, we take the same little detour we took in the morning towards the house, and when we reach the track, we don’t really feel like getting dressed again. The road is visible parallel to us but little used. It is when we see a group of mountain bikers in the distance, also using our trail, that we are forced to put our shorts and skirts back on. They are children supervised by two adults who look strangely at these bare-chested hikers in this season.



Gargoton

Pour cette balade qui n’était pas en boucle, il a fallu d’abord aller déposer une voiture au bout d’une longue piste forestière puis revenir en sens inverse et monter par la route en lacets jusqu’à Valpelouse, ancienne station de ski fermée et démontée depuis près de quarante ans, mais qui reste un départ de randonnée fréquenté ainsi qu’un site d’envol pour les parapentistes. Nous sommes cinq. On s’éloigne du parking encore habillé, puis dans la première montée les chemises tombent, mais les shorts restent : on est suivi par une randonneuse qui nous dépasse, on voit arriver en sens inverse un groupe de quatre qui eux sont chaudement vêtus. Enfin seuls et nus ! On atteint le point culminant de la sortie à 2040 mètres d’altitude. On quitte l’itinéraire qui mène au sommet des Grands Moulins pour bifurquer et entreprendre la descente le long de la crête du Gargoton en se faufilant entre les massifs de myrtilliers rouge sombre. On arrive ensuite à la lisière d’un bois resplendissant du jaune de son feuillage. La vue avec les sommets environnants de roche sombre et le ciel bleu est magnifique. Par contre le cheminement lui se fait moins accueillant. Le sentier se perd entre les buissons d’arbres des arcosses, les trous des pierres cachés par les fougères. Finalement il disparaît complètement et l’on tente de se faufiler entre troncs, branches et rochers en gardant si possible un axe vers le fond du vallon. La descente est difficile et raide ! Mais la bonne humeur reste de mise ! Encore quelques hésitations dans un labyrinthe de chaos rocheux et le sentier est trouvé. Mais il y a eut quelques chutes et personnellement j’en garde des traces sur les fesses et les bras. Après tout semble plus facile. Le chemin nous fait passer à la source du Gargoton, puis nous descend vers la vallée jusqu’au parking où nous attend la voiture.


For this hike, which was not a loop, we first had to drop off a car at the end of a long forest track, then turn back and climb the winding road to Valpelouse, a former ski resort that closed and was dismantled nearly forty years ago, but which remains a popular hiking starting point and a launch site for paragliders. We were five people. We set off from the car park still fully clothed, but on the first climb we take off our shirts, though we keep our shorts on. We are followed by a female hiker who overtakes us, and we see a group of four coming in the opposite direction, dressed warmly. Finally alone and naked! We reach the highest point of the hike at an altitude of 2,040 meters. We leave the route that leads to the summit of Les Grands Moulins to turn off and begin the descent along the Gargoton ridge, weaving our way through the dark red blueberry bushes. We then arrive at the edge of a wood resplendent with yellow foliage. The view of the surrounding dark rock peaks and blue sky is magnificent. However, the path itself is less welcoming. It disappears among the bushes and trees, hidden by ferns. Eventually, it disappears completely, and we try to squeeze between tree trunks, branches, and rocks, keeping as close as possible to the bottom of the valley. The descent is difficult and steep! But we remain in good spirits! After a few more hesitations in a maze of rocky chaos, we find the trail. But there have been a few falls, and I personally have marks on my buttocks and arms. After that, everything seems easier. The path takes us to the source of the Gargoton, then down to the valley and the parking lot where our car is waiting for us.

Ambel

Pour une sortie de l’association des Marcheurs Nus du Val de Roanne, j’ai proposé la montée depuis la vallée de Quint jusqu’au plateau d’Ambel, une balade que j’avais fait en randonnue solitaire en 2018 puis que j’ai refait ensuite, mais habillé, avec des amis en 2021. L’intérêt de cette rando est non seulement d’atteindre le plateau mais aussi de pouvoir admirer une curiosité géologique : le scialet des Quatre Gorges, dont l’accès est officiellement interdit, mais…

On est six, cinq hommes et une femme. Démarrage tranquille sur la large piste forestière des Juges, qui nous permet de nous échauffer et de nous trouver en tenue, malgré un temps couvert et les nuages bien bas. A une bifurcation on tourne sur un chemin plus étroit qui rétrécira encore un peu plus loin se transformant en sentier. Il monte, parfois raide, entre massifs de buis et forêt couverte de feuilles mortes jusqu’à rejoindre un autre chemin bien plus caillouteux celui ci. On est passé au dessus de la mer de nuages et on profite avec plaisir du soleil. Encore deux passages pentus et on débouche au pas d’Ambel qui permet un accès à cet immense plateau herbeux, un alpage en été.

Après le casse-croûte on descend dans le vallon pour trouver ce fameux scialet (Scialet est un terme dialectal désignant les gouffres et dépressions de surface dans les zones préalpines de l’Isère et de la Drôme, notamment dans le massif du Vercors.) Il est entouré de fils barbelés pour empêcher les troupeaux de tomber dedans, et aussi de panneaux d’interdiction, dégageant ainsi la responsabilité du département de la Drôme, propriétaire de l’ensemble du plateau. Mais la découverte de l’endroit vaut d’outrepasser l’injonction. C’est une cavité en forme de dôme dont le plafond est troué d’ouvertures laissant entrer la lumière et apercevoir le ciel. Le sol en éboulis laisse imaginer les chutes de pierres effondrées. L’endroit est surprenant.

Puis il nous faut remonter au pas d’Ambel pour entreprendre la descente par un chemin un peu plus directe qui nous mène au hameau des Juges. Là, à quelques mètres des maisons, il faut nous résoudre à se vêtir puis longer la route jusqu’aux voitures garées sur le bas côté. Une bonne balade de près de six heure trente de durée et 950 mètres de dénivelé !


For an outing organized by the Val de Roanne Naked Walkers association, I proposed the climb from the Quint valley to the Ambel plateau, a hike that I had done solo naked in 2018 and then done again, but clothed, with friends in 2021. The interest of this hike is not only to reach the plateau, but also to admire a geological curiosity: the scialet des Quatre Gorges, access to which is officially forbidden, but…
We’re six, five men and one woman. A leisurely start on the wide forest track of Les Juges, which allows us to warm up and get suited up, despite the overcast weather and low clouds. At a fork in the track, we turn onto a smaller path which narrows a little further and becomes a footpath. It climbs, sometimes steeply, between clumps of boxwood and forest covered with dead leaves, until it joins up with another path, this one much stonier. We’ve passed over the sea of clouds and are enjoying the sunshine. Two more steep passages and we reach the Pas d’Ambel, which gives us access to this immense grassy plateau, an alpine pasture in summer.
After a snack, we head down into the vallon to find this famous scialet (Scialet is a dialect term used to designate surface sinkholes and depressions in the pre-Alps of Isère and Drôme, particularly in the Vercors massif). It is surrounded by barbed wire to prevent herds from falling in, and also by prohibition signs, thus absolving the Drôme department, owner of the entire plateau, of any responsibility. But the discovery of the place is worth overriding the injunction. It’s a dome-shaped cavity with openings in the ceiling that let in light and a glimpse of the sky. The scree floor is a reminder of collapsed rocks. It’s a surprising place.
Then we have to climb back up to the pas d’Ambel to begin the descent along a slightly more direct path that takes us to the hamlet of Les Juges. Here, just a few meters from the houses, we have to get dressed and walk along the road to the cars parked on the side of the road. A good walk, lasting almost six and a half hours and 950 metres of ascent!

Champignons en Chartreuse

Lundi de mi octobre. On décide, ma compagne et moi, d’aller chercher des champignons vers le col de la Charmette en Chartreuse. On voudrait trouver des chanterelles. Un voisin nous a dit qu’il y en avait plein. On se gare sur au bord de la route du col et on attaque la montée sur un chemin. En haut on quitte le chemin pour rentrer dans la forêt, en passant à proximité d’une cabane perdue dans les bois. Je suis vite nu. Effectivement il y a plein de champignons, partout, de toutes les formes, de toutes les couleurs. Mais de chanterelles…ou de ce que l’on espère être des chanterelles, rien ! Il faut dire que l’on a juste une vague idée de ce que l’on cherche ! Mais la forêt est superbe avec ses couleurs d’automne. Il y a au moins un champignon que l’on connaît bien, la trompette de mort, noir, petit, caché sous les feuilles. On en a remplit un plein panier…et encore on en a laissé. On n’est pas venu pour rien !


Monday, mid-October. My partner and I decide to go mushrooming near the Col de la Charmette in Chartreuse. We’d like to find some chanterelles. A neighbor told us there were plenty. We parked by the pass road and set off uphill on a track. At the top, we leave the path and enter the forest, passing close to a hut lost in the woods. I’m soon naked. Indeed, there are mushrooms everywhere, in all shapes and colors. But chanterelles… or what we hope are chanterelles, nothing! It has to be said that we only have a vague idea of what we’re looking for! But the forest is superb with its autumn colors. There’s at least one mushroom we know well, the horn of plenty, black, small, hidden under the leaves. We filled a basket full of them…and then we left some behind. We didn’t come for nothing!


J’y suis retourné seul vers la fin octobre. Comme j’avais fait un repère sur ma carte j’ai retrouvé sans difficulté l’endroit précis. Et là bien évidemment, j’ai de nouveau rempli mon sac de trompettes de mort. Puis, pour profiter encore du plaisir de marcher nu dans la forêt, j’ai traîné deux heures durant en m’arrêtant pour découvrir les recoins du terrain avec les buttes et les creux, les bouquets de fleurs et les tapis de mousse.


I went back on my lonesome towards the end of October. As I’d made a mark on my map, I easily found the exact spot. And there, of course, I once again filled my bag with the horns of plenty. Then, to further enjoy the pleasure of walking naked in the forest, I lingered for two hours, stopping to discover the nooks and crannies of the terrain, with its mounds and hollows, flower clusters and moss carpets.

Jocou

Ce dimanche 29 septembre 2024 nous étions trois, Robert, Jean Paul, et moi pour un premier repérage d’une boucle au Jocou depuis le Col de la Croix Haute, côté Isère. Trois … non quatre ! puisque le chien du restaurant du col nous a accompagné tout au long des 6 heures de la balade.

Il a fallu éviter le troupeau de moutons et ses patous et berger en coupant droit dans la pente. Puis rejoindre la cassure qui domine abruptement le plateau du Trièves, continuer à monter jusqu’à la crête de l’Archat. Là, rhabillage à cause du vent bien fort et frais. La luminosité exceptionnelle permet de voir les lointains depuis le mont Ventoux, les Trois Becs, le Vercors avec le mont Aiguille et le Veymont, la Chartreuse au loin, les Ecrins blanchis de neige, le Dévoluy. Un peu de monde au sommet du Jocou et à l’abri du vent autour de la cabane en contrebas pour le pique nique. Puis c’est la descente par l’itinéraire classique jusqu’au col de Vente Cul. De là on a coupé à vue pour rejoindre un point en contrebas, en ayant retrouvé notre tenue, puisque de nouveaux seuls et protégés du vent. Dans la forêt, de vieux chemins de débardage défoncés et humides nous ramènent à une piste forestière et la route. Au dernier virage avant les maisons du col de la Croix Haute, il faut bien se rhabiller pour ramener le chien à sa maîtresse et boire une bière avant de se séparer.


On this Sunday, September 29, 2024, three of us – Robert, Jean Paul and I – took part in the first scouting of a Jocou loop from the Isère side of the Col de la Croix Haute. Three … not four! since the dog from the pass restaurant accompanied us for the entire 6-hour walk.

We had to avoid the herd of sheep and its patous and shepherd by cutting straight across the slope. Then join the break that abruptly dominates the Trièves plateau, and continue up to the Archat ridge. Here, we have to get dressed because of the strong, cool wind. The exceptional light allows us to see the distant Mont Ventoux, the Trois Becs, the Vercors with Mont Aiguille and the Veymont, the Chartreuse in the distance, the snow-white Ecrins and the Dévoluy. A little group of people at the summit of Le Jocou, and sheltered from the wind around the hut below for the picnic. Then it’s back down the classic route to the Vente Cul pass. From here, we cut on sight to reach a point below, having recovered our attire, since we were once again alone and protected from the wind. In the forest, old wet logging trails lead us back to a forest track and the road. At the last bend before the houses of the Croix Haute Pass, it’s time to get dressed, take the dog back to its owner and have a beer before going our separate ways.

Champignons

Je ne suis absolument pas connaisseur de champignons. Il m’est déjà arrivé en cours de balade de marcher sur un bolet au grand dam d’un de mes compagnon. Mais mon beau frère, lui, est un grand ramasseur. L’année dernière il m’a emmené, acceptant par là de me dévoiler un de ses endroits préféré, pour ne pas être trop précis je dirai simplement: dans une forêt des contreforts du massif de Belledonne. En mode textile, bien évidemment. Cette année il m’a demandé si je saurais retrouvé le coin, me proposant de m’y rendre tout seul. Pourquoi pas! Enfin seul avec ma compagne. Nous voici donc tous les deux, elle habillée et moi, vite nu, à errer dans ce bois particulièrement pentu à la recherche de ces petits champignons noirs que sont les Trompettes de mort. Il nous a fallu un peu de temps pour trouver les premiers, mais enfin en presque quatre heures de temps nous en avaons ramassé 2 kilos 250. Une belle récolte pour des amateurs!


I am not a mushroom connoisseur at all. It already happened to me during a walk to step on a boletus to the great displeasure of one of my companions. But my brother-in-law is a great collector. Last year he invited me, agreeing to reveal one of his favorite places, not to be too precise I’ll just say: in a forest in the foothills of the Belledonne massif. In textile mode, of course. This year he asked me if I could recognize the place, proposing me to go there alone. Why not! Well, alone with my partner. So we are both, she dressed and I, quickly naked, wandering in this particularly steep wood in search of these small black mushrooms that are the Trumpets of death. It took us some time to find the first ones, but finally in almost four hours we picked up 2 kilos 250. A nice harvest for amateurs!


Retour en cette fin septembre 2024. La piste qui menait jusqu’au parking est barrée. C’est donc une vingtaine de minutes de marche à pied, en short et tee shirt, depuis le village pour atteindre la zone. Une fois dans la forêt alors que je m’apprêtais à me déshabiller, je vois un couple de cueilleurs juste au dessus du chemin. J’échange quelques mots avec eux, puis je grimpe directement à travers bois jusqu’au coin que j’envisageais de visiter. Comme c’est au dessus d’une cassure de pente, je suis invisible d’en bas et je peux quitter mes vêtements. Je reste attentif, mais de temps à autres je les entends s’appeler et en fait ils restent en bas le long du chemin. Tant mieux ! Les fois précédents, j’avais eu du mal à voir et à débusquer ces petits champignons noirs. Cette fois, impossible de les rater. Il y en a de partout, grâce à la pluie de la veille sans doute. J’en remplis un sac en papier, puis un deuxième et un troisième. Heureusement j’ai aussi emmené un grand sac en plastique. Je les transfère dans celui ci et continue la cueillette. Je me permet même d’en laisser en ne choisissant que les plus beaux. En quatre heures j’en ramasse près de six kilos. J’aurais volontiers le temps de continuer mais je n’ai plus de place pour les mettre. Je décide alors de revenir par un autre chemin repéré sur la carte qui doit se trouver au dessus. Pour l’atteindre c’est bien pentu. En le suivant je sors de la forêt à proximité d’une vieille grange, puis c’est une piste qui me ramène vers le village. Il me faudra bien m’habiller finalement.


Back in late September 2024. The track leading to the parking lot is blocked. So it’s a twenty-minute walk, in shorts and tee-shirt, from the village to reach the area. Once in the forest, as I was about to undress, I saw a couple of pickers just above the path. I exchange a few words with them, then climb straight through the woods to the area I was planning to visit. As it’s above a break in the slope, I’m invisible from below and can remove my clothes. I keep my vigil, but every now and then I hear them calling out to each other, and in fact they stay down below along the path. How nice! On previous occasions, I’d had trouble seeing and spotting these little black mushrooms. This time, they’re impossible to miss. They’re everywhere, thanks no doubt to the previous day’s rain. I filled a paper bag with them, then a second and a third. Fortunately, I’ve also brought along a large plastic bag. I transfer them to this one and continue picking. I even take the liberty of leaving some, choosing only the most beautiful. In four hours, I collect almost six kilos. I’d love to continue, but there’s nowhere to put them. So I decide to return by another route, which I’ve marked on the map and which must be above me. It’s a steep climb to reach it. Following it, I come out of the forest near an old barn, then it’s a track that takes me back to the village. I’ll have to get dressed in the end.

Mielandre

Sillon est une manifestation multiculturelle qui mêle, deux semaines durant, expositions de plasticiens et artisans d’arts et conférences ou rencontres autour de l’écologie et les développements doux dans un petit territoire de la Drôme dans les environs des villages de Bourdeaux et de Saou. Et au programme est inscrit une randonnue avec l’association des Marcheurs Nus du Val de Roanne ! Pour rester proche de ce territoire nous avons choisi comme but la montagne de Mielandre. Ce sera pour nous aussi une découverte.

A l’heure dite nous nous retrouvons à six de l’association (Loïc, Francis, Christian, Robert, Corinne et moi) au col d’Espréaux au terminus de la petite route qui ne va pas plus loin. Arrive juste après nous Emmanuel et Geneviève, un couple de naturistes mais qui n’ont encore jamais fait de randonnue, attirés là par le programme de Sillon. La météo n’est pas parfaite, le ciel est en partie couvert et il fait encore frais : on est mi octobre. On se met vite en marche, encore habillés. On longe des champs puis on rentre dans la forêt. A un poteau directionnel il faut choisir : Mielandre par le col plat ou Mielandre direct. D’après la carte ce trajet direct risque d’être plus raide, mais aussi plus pénible en descente. A faire donc à la montée. Et c’est vrai que la montée est rude car après la pluie d’hier le sol est particulièrement glissant. Un pas en avant et on glisse d’autant en arrière, quitte à se retrouver par terre. On peut s’agripper aux arbres, aux racines ou à une main charitable ou même franchir des passages à quatre pattes. Mais on s’élève vite et en sortant finalement de la forêt on domine les vallées alentour mouchetées d’ombre et de lumière.

On entre maintenant dans un alpage couvert d’une végétation d’herbes jaunies très hautes. On arrive au sommet en même temps qu’un brouillard de nuages. La température baisse immédiatement. La moitié du groupe se couvre en hâte. On ne s’éternise pas au point culminant, à 1451m d’altitude. On suit une crête descendante. Le brouillard se dissipe. Traversée à flanc dans l’alpage, la végétation nous montant à mi corps. Arrêt pique nique sous des hêtres, à l’abri du vent. On descend tout droit sur une croupe herbeuse, toujours de cette couleur jaune fanée jusqu’à retrouver la forêt. Retour tranquille vers le col d’Espréaux après presque six heures de balade.

On aura sans doute fait deux nouveaux adeptes, qui nous ont promis de revenir, mais au printemps lorsqu’il fera plus chaud, et on a étendue notre zone de pratique vers le sud par rapport au Diois.


Sillon is a multicultural event which, for two weeks, combines exhibitions by visual artists and craftsmen with conferences and meetings on ecology and sustainable development in a small area of the Drôme, near the villages of Bourdeaux and Saou. The program also includes a naked hike with the Val de Roanne Naked Walkers Association! To stay close to the area, we’ve chosen the Mielandre mountain as our goal. It’ll be a discovery for us too.
At the appointed hour, six of us from the association (Loïc, Francis, Christian, Robert, Corinne and I) meet at the Col d’Espréaux, at the end of the small road that goes no further. Just after us arrive Emmanuel and Geneviève, a naturist couple who have never hiked naked before, attracted by Sillon’s program. The weather is not perfect, partly overcast and still cool: it’s mid-October. We set off quickly, still dressed. We skirt fields and then enter the forest. At a signpost you have to choose: Mielandre via the flat pass or Mielandre direct. According to the map, this direct route is likely to be steeper, but also more difficult on the way down. So do it on the way up. And it’s true that the climb is tough, because after yesterday’s rain the ground is particularly slippery. One step forward and you slide backwards just as much, even if it means ending up on the ground. You can hold on to trees, roots or a helping hand, or even crawl over some passages. But you soon climb upwards, and as you finally emerge from the forest, you dominate the surrounding valleys speckled with light and shadow.
You now enter an alpine pasture covered with tall, yellowing grasses. We reach the summit at the same time as a fog of clouds. The temperature drops immediately. Half the group hastily cover up. We don’t stay long at the highest point, at 1451m. We follow a descending ridge. The fog clears. We cross the mountain pasture on the flanks, the vegetation rising halfway up our bodies. Picnic stop under beech trees, sheltered from the wind. Straight down onto a grassy ridge, still the same faded yellow color, until we return to the forest. A leisurely return to the Col d’Espréaux after almost six hours.

We’ve undoubtedly made two new adepts, who have promised to return, but in spring when it’s warmer, and we’ve extended our practice area southwards in relation to the Diois.