Des Bannettes à la Sure

Un de mes lieux de prédilection pour la randonnue est ce coin du massif de la Chartreuse qui entoure le sommet de la Grande Sure. C’est cette zone d’alpage qui s’étend des Bannettes à la Petite Vache, une zone sauvage, où ne vivent que temporairement quelques bergers et qui reste tout au long des saisons un merveilleux espace pour randonner.
On dirait un château fort, entouré de murailles. A l’ouest, les contreforts de la Chartreuse dominent les plaines du nord-isère et de l’Ain, à l’est et au nord, les falaises surplombent la route de Saint Laurent du Pont à Saint Pierre, et depuis Grenoble, il faut monter au col de la Charmette. Pour atteindre l’alpage, on doit d’abord traverser le massif forestier, par des chemins qui s’élèvent en lacets ou des sentiers tracés tout droit dans la pente. Les accès les plus fréquentés sont ceux qui partent de Mont Saint Martin vers les Bannettes d’un coté, du col de la Charmette vers la Petite ou la Grande Vache de l’autre. Mais il existe nombre d’autres cheminements qui permettent de se faufiler entre les barres rocheuses, depuis Chalais, Pomarey, le pont Saint Bruno ou les environs du col de la Placette, . Il faut déplier la carte IGN du coin, imaginer tous les itinéraires envisageables et entreprendre de les parcourir tous systématiquement.
Au sortir de la forêt, on débouche sur une succession de vallons séparés par des cols, col d’Hurtières, col de la Sure, bordés par des alignements de sommets, dont la Sure à 1920 mètres d’altitude. La prairie alpine y est recouverte de neige jusqu’au mois de mai, tondue par les vaches durant l’été, parsemée de gros chardons.
Ce n’est pas une zone très étendue, quelques kilomètres à vol d’oiseau, mais suffisamment diverse par ses voies d’accès, ses paysages, ses recoins que l’on peut aisément passer des journées entières à la parcourir en toutes saisons, à pieds, en raquettes ou ski de rando.


One of my favourite places for hiking naked is this part of the Chartreuse Massif which surrounds the summit of the Grande Sure. It is this mountain pasture area that stretches from Bannettes to Petite Vache, a wild area where only a few shepherds live temporarily and which remains throughout the seasons a wonderful place to hike.
It looks like a fortified castle, surrounded by walls. To the west, the foothills of the Chartreuse dominate the plains of the North Isère and the Ain, to the east and north, the cliffs overlook the road from Saint Laurent du Pont to Saint Pierre, and from Grenoble, you have to climb to the Charmette pass. To reach the alpine pasture, you must first cross the forest massif, by winding paths or paths traced straight down the slope. The most popular accesses are those from Mont Saint Martin to Les Bannettes on one side, and from the Charmette pass to the Petite or Grande Vache on the other. But there are many other paths that allow you to weave your way between the rocky bars, from Chalais, Pomarey, the Saint Bruno bridge or the area around the Col de la Placette . You have to unfold the IGN map of the area, imagine all the possible routes and start to systematically cover them all.
At the exit of the forest, you come to a succession of valleys separated by passes, col d’Hurtières, col de la Sure, bordered by alignments of peaks, including the Sure at 1920 metres altitude. The alpine meadow is covered with snow until May, mowed by cows during the summer, dotted with large thistles.
It is not a very large area, a few kilometres as the crow flies, but sufficiently diverse in its access routes, its landscapes, its hidden corners that one can easily spend whole days exploring it in all seasons, on foot, snowshoes or ski touring.

Séjour à Névache

Après avoir organisé quatre années de suite une semaine de raquettes nu dans le Beauchêne, entre Vercors et Dévoluy, Bruno a décidé pour 2019 de changer d’horizon et choisi comme destination Nevache et la vallée de la Clarée, près de Briançon, dans le massif des Cerces. A la frontière de l’Italie, c’est une vallée qui a su résister à une époque aux projets démesurés de création d’une nouvelle station de ski et a préservé son environnement naturel qui en fait un paradis pour les randonneurs.

Le samedi nous investissons un chalet dans le hameau de Roubion. Le lieu est chaleureux presque tout de bois construit…mais guère à l’écart des autres habitations comme nous aurions aimé, mais tant pis. Nous serons nus à l’intérieur en évitant autant que possible de nous montrer dehors. Nous sommes six: Bruno de Chartreuse, Guillaume de Savoie, Franck de Gap, Christian et Sylvie, non naturiste, de Normandie et moi même. Patricia nous rejoindra trois jours plus tard.

Dimanche. En partant directement du chalet nous suivons le vallon encore à l’ombre du torrent du Roubion, puis attaquons la montée qui va nous mener au plateau. Le chemin, succession de plaques de neige et de sols caillouteux, grimpe en lacets, passant au pied d’une haute cheminée de fée. Les raquettes sont encore sur les sacs. Ce n’est qu’en arrivant sur le plateau des Thures que l’on pourra les chausser. Là, la neige est encore bien présente, bien qu’un peu lourde. On fait un petit détour par la cabane pastorale. Pendant ce temps, un randonneur, puis deux, passent au fond du vallon. On repart, en traînant un peu pour ne pas les rattraper. Finalement, au col, ils font demi tour. Avant de les croiser, Sylvie, habillée, part en avant pour avertir qu’ils vont croiser un groupe de naturistes. «Pas de problème, mais c’est sympathique de nous avoir prévenu!» Parvenu au col, on continue jusqu’à une bosse qui domine la Vallée Étroite franco-italienne et isolée. Retour à la cabane pour le pique nique suivi d’un exercice de recherche en avalanche. Pour cela, un appareil DVA (détecteur de victime d’avalanche) est enseveli dans la neige, et avec les autres il faut le retrouver. Rando de 6 h 30 pour 12,5 km.

Lundi. Depuis Nevache la route de la haute vallée est encore fermée officiellement à la circulation. Nous la prenons donc à pied. Deux kilomètres de goudron avant de traverser la Clarée et commencer la montée vers le refuge de Buffère. L’itinéraire est très fréquenté. Un groupe nous précède de peu. Le cheminement lissé par le passage des skieurs est glissant. Les crampons des raquettes sont appréciables même si le sol gelé porte bien. Le groupe s’est arrêté au refuge. On continue en direction du col. Mais hors de la forêt, sur cette grande étendue neigeuse, un vent froid souffle fort et ne donne guère envie de nudité. Au col, atteint au terme d’une bonne grimpette, ce sont des rafales violentes qui nous attendent. On ne reste guère et demi tour. Il s’agit maintenant de trouver un coin à l’abri pour pique niquer. Ce ne sera finalement qu’une petite dépression, déjà choisie par deux autres groupes de randonneurs. En repassant devant le refuge, un couple de skieurs s’étonne de nos jambes nues. On leur explique que l’on est malheureusement très habillé aujourd’hui, ce qui provoque leur étonnement et permet la discussion sur notre activité. De retour à Nevache, la route est en cours d’ouverture. Bonne nouvelle pour la suite de la semaine. 6H30 et 16 km.

Mardi. Franck et Guillaume ont pris un jour de repos. On n’est donc que quatre. Départ à pied de Névache. Le cheminement commence tout de suite dans la forêt. Ce parcours est nettement moins fréquenté que celui d’hier. Tant mieux ! Au pied d’une combe, une trace de raquette s’engage dans la pente. On suit. C’est raide ! Heureusement la neige est dure et stable. Un lièvre variable, tout blanc, jaillit devant nous. Enfin, arrivés au sommet de ce passage escarpé, on retrouve un terrain plus praticable. Je me suis déshabillé, les autres restent vêtus, car le fond de l’air est frais ! On sort de la forêt de mélèzes et rejoignons une cabane juste au dessus du lac de Cristol qui se devine à peine sous la neige. Un groupe de skieurs dévale la pente sur notre gauche. On les retrouvera plus tard. On continue à monter jusqu’à la Porte de Cristol à 2483 m d’altitude. Là le vent souffle plus fort et de face pour le retour, je dois me rhabiller. Pour la descente, on évite de reprendre la combe pentue, et on suit l’itinéraire normal qui zigzague dans la forêt. Mais les skieurs sont passés par là, eux aussi, et ont quelque peu effacé la trace à grands coups de dérapages. Mais on finit par rejoindre la vallée. 6 h de rando pour 12 km.

Mercredi. Par la route récemment ouverte nous rejoignons la chapelle Saint Barbe. Nous longeons la rive droite de la Clarée jusqu’à la majestueuse cascade de Fontcouverte. Changement de versant. On monte par une large piste jusqu’au refuge de Ricou. Ensuite, le sentier disparaît par moment sous les névés et il faut parfois couper tout droit dans les pentes herbeuses ou enneigées. Une randonneuse apparaît qui descend. « Bravo. Vous n’avez pas froid. Moi j’ai un collant sous mon pantalon » On échange un peu sur l’itinéraire. En face de nous le massif des Cerces est resplendissant. Buno et Patricia montent plus lentement. On décide de faire un petit détour pour rejoindre le lac de Laramon, à peine visible sous la couche de neige et on les retrouve un peu plus loin. A partir de là, le sentier s’étire en balcon au dessus de la vallée de la Clarée. L’après midi, quelques névés sont un peu plus exposés, mais la neige moins dure permet une traversée sans risque. Au passage, je trouve une première geocache et en rate une seconde. Il me faudrait plus de temps pour chercher dans ces blocs de rochers et le groupe est déjà bien étiré. Descente vers la route par une suite de lacets. Avant d’y arriver, il faudra quand même penser à se rhabiller. 6H40 pour 15 km.

Jeudi. Joker. Je prend une journée de congé pour reposer mon genou gauche qui donnait quelques signes de fatigue. Le reste du groupe part explorer en direction du col du Vallon.

Vendredi. Dernière rando. Était prévu la montée au col des Acles depuis Plampinet. Mais de lourds nuages ont envahis les sommets de ce coté italien. En outre le départ est bien à l’ombre. Changement de programme. Ce sera les chalets de Granon par la route forestière depuis le hameau de la Draye. Montée tranquille. On arrive au premier hameau de Caro puis à celui de Granon. Ils sont inhabités en hiver. Mais cela fait quand même une drôle d’ impression de se promener nus au cœur d’un village, entre les maisons, devant la chapelle. On continue un peu au dessus, puis faisons demi tour pour revenir casse-croûter confortablement sur le banc d’une maison. Retour sans problème sauf pour Guillaume qui passe une jambe dans un trou de neige et se retrouve prisonnier. Bruno sort la pelle pour le dégager. 6H pour 12,4 km.


After four years of organizing a week of naked snowshoeing in Beauchêne, between Vercors and Dévoluy, Bruno decided for 2019 to change his horizon and chose Nevache and the Clarée valley, near Briançon, in the Cerces massif as his destination. On the Italian border, it is a valley that has withstood an era of oversized plans to create a new ski resort and has preserved its natural environment that makes it a hiker’s paradise.

On Saturday we invest a chalet in the hamlet of Roubion. The place is cosy almost all built of wood… but not far from the other houses as we would have liked, but so be it. We will be naked inside, avoiding showing ourselves outside as much as possible. We are six: Bruno de Chartreuse, Guillaume de Savoie, Franck de Gap, Christian and Sylvie, non naturist, from Normandy and myself. Patricia will join us three days later.

Sunday. Leaving directly from the chalet we follow the valley still in the shade of the Roubion torrent, then we attack the climb that will lead us to the plateau. The path, a succession of snow slabs and stony ground, climbs in turns, passing at the foot of a tall fairy chimney. The snowshoes are still on the bags. It is only by arriving on the Thures plateau that we will be able to put them on. There, the snow is still very present, although a little heavy. We make a little detour to the pastoral hut. Meanwhile, one hiker, then two, pass at the bottom of the small valley. We’re leaving, slowing down a little bit so we don’t catch up with them. Finally, at the pass, they turn around. Before crossing them, Sylvie, dressed, goes ahead to warn that they will meet a group of naturists. « No problem, but it’s nice to have warned us! » Once at the pass, we continue to a hill that dominates the narrow and isolated Franco-Italian Valley. Back to the cabin for the picnic followed by an avalanche research exercise. To do this, a DVA device (avalanche victim detector) is buried in the snow, and with the others it must be found. 6:30 a. m. hike for 12.5 km.

Monday. Since Nevache the upper valley road is still officially closed to traffic. So we take it on foot. Two kilometres of tar before crossing the Clarée and starting the ascent to the Buffère refuge. The trail is very busy. A group is just ahead of us. The path smoothed by the skiers’ passage is slippery. Snowshoe crampons are good even if the frozen ground is well adapted. The group stopped at the shelter. We continue in the direction of the pass. But outside the forest, on this large snowy area, a cold wind blows hard and does not make you want to be naked. At the pass, reached after a good climb, violent gusts are waiting for us. We hardly stay back and turn around. Now it’s a matter of finding a safe place to picnic. It will finally be only a small depression, already chosen by two other groups of hikers. As we walk past the refuge, a couple of skiers are surprised by our bare legs. We explain to them that we are unfortunately very dressed today, which causes them to be surprised and allows them to discuss our activity. Back in Nevache, the road is opening up. Good news for the rest of the week. 6:30 and 16 km.

Tuesday. Franck and Guillaume took a day off. So there are only four of us. Departure from Névache on foot. The path begins immediately in the forest. This route is much less frequented than yesterday’s. Good for you! At the foot of a combe, a snowshoe track enters the slope. We’re following. It’s steep! Fortunately, the snow is hard and stable. A variable hare, all white, gushes out in front of us. Finally, at the top of this steep passage, we find a more practicable terrain. I undressed, the others stay dressed, because the air is fresh! We leave the larch forest and join a cabin just above Lake Cristol, which is barely visible under the snow. A group of skiers descends the slope on our left. We’ll find them later. We continue to climb up to the Cristol Gate at an altitude of 2483 m. There the wind blows harder and from the front for the return, I have to get dressed again. For the descent, we avoid taking the steep slope, and we follow the normal route that zigzags through the forest. But the skiers also went through it and erased the trace somewhat with a lot of skidding. But we finally reach the valley. 6 hours of hiking for 12 km.

Wednesday. By the recently opened road we reach the chapel of Saint Barbe. We follow the right bank of the Clarée up to the majestic Fontcouverte waterfall. Change of side. We go up a wide track to the Ricou refuge. Then, the trail disappears at times under the snow and it is sometimes necessary to cut straight on grassy or snowy slopes. A hiker appears coming down. » Well done. You’re not cold. I have a pantyhose under my pants  » We exchange a bit on the route. In front of us the Cerces massif is resplendent. Buno and Patricia climb more slowly. We decide to make a small detour to Lake Laramon, barely visible under the snow cover and we find them a little further away. From there, the path stretches out into a balcony above the Clarée valley. In the afternoon, some neves are a little more exposed, but the less hard snow allows a safe crossing. On the way, I find a first geocache and miss a second one. I would need more time to look through these boulders and the group is already well stretched. Descent towards the road by a series of bends. Before you get there, you’ll still have to think about getting dressed. 6:40 for 15 km.

Thursday. Joker. I take a day off to rest my left knee, which was showing some signs of fatigue. The rest of the group will explore towards the Col du Vallon.

Friday. Last hike. The ascent to the Col des Acles from Plampinet was planned. But heavy clouds have invaded the peaks on this Italian side. In addition, the start is well in the shade. Change of plans. It will be the chalets of Granon by the forest road from the hamlet of La Draye. Quiet ascent. We arrive at the first hamlet of Caro and then at Granon. They are uninhabited in winter. But it still makes a strange impression to walk naked in the heart of a village, between the houses, in front of the chapel. We continue a little above, then turn around and come back for a comfortable snack on the bench of a house. Return without any problem except for Guillaume who puts his leg in a snow hole and finds himself trapped. Bruno takes the shovel out to get him out. 6 hours for 12.4 km.

Sornin

Janvier, il est temps de sortir les raquettes puisque la neige a enfin fait son apparition. Petite balade vers Sornin en partant d’Engins. Bien habillé dans le parcours à l’ombre dans la forêt. Il y a quelques traces de raquettes. Au hameau de Sornin, j’aperçois une ou deux personnes. La montée vers le plateau est au soleil. Je me déshabille. Dans la neige fraîche, je croise une trace de raquettes, mais qui descend. A l’abri du vent, c’est agréable, exposé au vent, c’est plus frais. La neige est par endroit verglacée. Je parcours le plateau puis entreprend la descente par un autre versant. Mais le froid me gagne, je dois me rhabiller après une heure et vingt minutes de nudité.

Trois semaines plus tard, début février, j’y retourne. Les conditions d’enneigement ont bien changé. Jusqu’au hameau de Sornin, le cheminement est damé par les nombreux passages. Je suis habillé. Après le hameau je croise quelqu’un qui me reconnaît de ma vie professionnelle, puis je rejoint presque un groupe de quatre randonneurs. Heureusement ils continuent tout droit et moi je bifurque pour attaquer la montée vers le plateau. Dès que hors de vue du groupe, je me déshabille. Je fais ma trace dans une neige épaisse. Ça muscle les cuisses ! La ville, au fond de la vallée, est un peu dans la brume. En longeant la lisière de la forêt, je reste à l’abri du vent. Quand je m’aventure vers le centre du plateau, le souffle se fait sentir. Là, la neige soufflée est restée gelée. Sous mes pas, elle craque avec des bruits de verrerie brisée. Je mange debout. Immobile, j’ai enfilé mon blouson, que je laisse ouvert pour profiter du rayonnement solaire sur la peau. Je repars et mon blouson regagne le sac à dos. Au bout du plateau, descente raide dans la neige profonde. Je rejoint l’itinéraire qui contourne le sommet. Il n’y a qu’une seule trace de skieur. Je la suis. A un moment, elle tourne et descend dans un ravin. Je sais parfaitement que c’est le bon chemin, mais j’ai trop envie de rester nu encore un moment et je décide de tenter de continuer tout droit. Je me faufile entre les arbres, les creux et les bosses. Parfois je m’enfonce jusqu’au haut des cuisses dans des tous de neige poudreuse. Mais finalement, je dois bien constater qu’à un moment ça ne passe plus. Demi tour et remontée jusqu’au ravin. De l’autre coté je me rapproche du hameau de Sornin. Je fais durer le plaisir en restant à l’abri des bosquets d’arbres, mais arrivée tout proche du chemin emprunté ce matin, je dois bien me résigné à me rhabillé. J’ai tout juste fini lorsque deux randonneurs passent.


January, it’s time to take out the snowshoes since the snow has finally made its appearance. A short walk to Sornin from Engins. Well dressed in the shaded path in the forest. There are some snowshoe traces. In the hamlet of Sornin, I see one or two people. The ascent to the plateau is in the sun. I’m undressing. In the fresh snow, I see a snowshoe track, but it goes down. Sheltered from the wind, it’s pleasant, exposed to the wind, it’s cooler. The snow is icy in places. I walk along the plateau and then begin the descent on another side. But the cold is getting to me, I have to get dressed after an hour and twenty minutes of nudity.

Three weeks later, at the beginning of February, I go back. Snow conditions have changed significantly. Up to the hamlet of Sornin, the path is groomed by the many passages. I’m dressed. After the hamlet I meet someone who recognizes me from my professional life, then I join almost a group of four hikers. Fortunately they continue straight on and I turn left to attack the climb towards the plateau. As soon as I get out of sight of the group, I take my clothes off. I do my trace in deep snow. It strengthens the thighs! The city, at the bottom of the valley, is a little hazy. As I walk along the edge of the forest, I stay away from the wind. When I venture towards the centre of the plateau, the breath is noticeable. There, the blown snow remained frozen. Under my feet, she cracks with noises of broken glassware. I eat standing up. Still, I put on my jacket, which I leave open to enjoy the sun’s rays on the skin. I go away and my jacket goes back to the backpack. At the end of the plateau, steep descent into deep snow. I join the itinerary that goes around the summit. There is only one skier’s track. I’m following it. At one point, it turns and goes down a ravine. I know perfectly well that this is the right way, but I want to stay naked for a while longer and I decide to try to keep going straight. I sneak between trees, hollows and bumps. Sometimes I sink to the top of my thighs in all kinds of powdery snow. But finally, I have to admit that at some point it doesn’t pass anymore. Turn around and climb up to the ravine. On the other side I approach the hamlet of Sornin. I make the pleasure last by staying in the shelter of the groves of trees, but when I get very close to the path I took this morning, I have to resign myself to getting dressed again. I’m just finished when two hikers pass by.


La ville est sous un épais manteau nuageux. Mais au-dessus, c’est grand soleil. D’Engins je rejoint le hameau de Sornin. La trace est bien faites par les randonneurs des jours précédents, je n’ai même as besoin de mettre les raquettes. Je suis habillé sur cet itinéraire qui peut être fréquenté. Je double juste trois personnes, dont deux que j’ai fréquenté professionnellement. Après le hameau, je quitte la trace et attaque la montée droit dans la pente, en me déshabillant. Je profite des larges plaques d’herbes de ce versant sud, mais au-delà, la neige devient profonde et je mets les raquettes pour continuer. Ce plateau, un alpage en été, est très peu fréquenté par les randonneurs. Il faut y grimper, et il n’y a rien d’autre à y faire qu’à redescendre de l’autre coté. Ou, bien sûr, à profiter de la solitude et du paysage. Je le traverse de long en large, tellement bien au soleil. Je remarque, à un moment, une ancienne trace de raquettes qui arrive de la forêt du coté nord. Je décide de la suivre. Là, les arbres sont encore bien couverts de neige, car à l’ombre. La trace me ramène, comme supposé, sur l’itinéraire qui relie Sornin à la Molière. Je retrouve mes repères et reviens tranquillement en passant à proximité d’une petite bergerie. Mais le soleil baisse sur l’horizon. Il va être temps de se rhabiller.


The city is under a thick cloudy mantle. But above it’s the sunshine. From Engins I join the hamlet of Sornin. The trail is well done by hikers of the previous days, I don’t even need to put on the snowshoes. I’m dressed on this itinerary that can be frequented. I’m just passing three people, two of whom I’ve dated professionally. After the hamlet, I leave the track and attack the right ascent in the slope, undressing myself. I take advantage of the large patches of grass on this southern slope, but beyond that, the snow becomes deep and I put on the snowshoes to continue. This plateau, a mountain pasture in summer, is very little frequented by hikers. You have to climb it, and there’s nothing else to do but go down to the other side. Or, of course, to enjoy the solitude and landscape. I cross it long and wide, so well in the sun. I notice, at one point, an ancient snowshoe trail coming from the forest on the north side. I decide to follow her. There, the trees are still well covered with snow, because in the shade. The trail takes me back, as if I were supposed to, on the route that links Sornin to La Molière. I find my bearings and come back quietly passing by a small sheepfold. But the sun is falling on the horizon. Time to get dressed again.


Départ du village d’Engins, dans le Vercors sur la piste forestière enneigée qui mène vers Sornin. Bien habillé au commencement, le temps de m’échauffer, puis en quittant la piste pour un sentier qui monte vers la Molière, je ne garde que mon blouson. Comme il n’a pas reneigé, les traces des derniers jours sont bien marquées. A un moment, j’entends des voix au dessus de moi. Je met mon short, ferme mon blouson et rattrape un couple de raquetteurs au moment où l’on sort sur le plateau. Ils partent vers la gauche, je tire sur la droite et rentre dans la forêt pour être hors de vue. Je quitte tout et fais ma trace ainsi en me faufilant entre les arbres ou en lisière de bois jusqu’au moment où je me rapproche de la piste de ski de fond. Je remet short et blouson. Une skieuse s’arrête: «Quel spectacle surprenant!» – «Je préfère laisser mon corps respirer plutôt que transpirer!» Quelques centaines de mètres le long de la piste puis je rejoins la trace qui part vers Sornin. Elle sinue dans la forêt, entre les sapins couverts de neige. Là, seul et tranquille, je peux à nouveau quitter le short. Arrivé au pied de Sornin, je quitte le chemin pour grimper dans la neige profonde jusqu’au sommet du plateau. Je connais bien le trajet, court mais raide. Du sommet j’ai une vue plongeante sur l’agglomération grenobloise. Mais le soleil finalement se voile et la température descend. Je me rhabille: sur-pantalon, polaire et gants pour rejoindre le chemin du retour.


Departure from the village of Engins, in the Vercors, on the snowy forest track that leads to Sornin. Well dressed at the beginning, the time to warm up, then leaving the track for a trail that goes up to the Molière, I only keep my jacket. As it has not snowed recently, the traces of the last days are well marked. At one point, I hear voices above me. I put my shorts, close my jacket and catch up with a couple of snowshoers as we go out on the plateau. They go to the left, I pull on the right and go back into the forest to be out of sight. I leave everything and make my mark thus by sneaking between the trees or on the edge of wood until I get closer to the cross-country ski run. I put on shorts and jacket. A skier stops: « What a surprising sight! – « I prefer to let my body breathe rather than sweat! » A few hundred meters along the run and then I join the track that goes towards Sornin. It winds in the forest, between the pines covered with snow. There, alone and quiet, I can again take off the shorts. Arrived at the foot of Sornin, I leave the way to climb in the deep snow to the top of the plateau. I know the route well, short but steep. From the summit I have a view overlooking the agglomeration of Grenoble. But the sun finally become hazy and the temperature goes down. I get dressed: over-pants, fleece and gloves to join the way back.


Le week-end end a été pluvieux et ce lundi il fait un temps superbe. Voilà qui tombe bien puisque j’ai un jour de congé. J’hésite entre la Chartreuse et le Vercors. Ce sera ce dernier.
Parking à Engins. Dans la première partie, je rattrape un groupe de quatre personnes. Je m’arrête pour mettre les raquettes. Lorsqu’ils repassent devant moi, les entendant parler de Sornin, je décide de changer de direction. Je quitte cette piste principale pour un sentier qui monte raide vers la Molière.
Pas de trace de passage ici. Je me déshabille aussitôt. De temps à autre, une décharge de neige me tombe dessus depuis les branches, petits frissons. Je domine la vallée de l’Isère, sous une mer de nuages. J’arrive dans ce vaste espace dégagée sous la crête de la Molière, juste sous l’itinéraire de ski de fond. Je reste en lisière de forêt pour éviter d’être trop visible. J’aperçois quelques fondeurs sur la piste, mais je leur fais confiance pour ne regarder que l’avant de leurs spatules. Je tire comme ça, parallèlement à la piste un moment pour finalement, au détour d’une butte, me retrouver en plein sur le bord de piste. Heureusement, pas de skieur à proximité. Je m’éloigne vivement.
Je reconnais le début de l’itinéraire qui mène à Sornin. Je m’attends à trouver les traces du week-end end, car c’est un parcours assez fréquenté. Mais rien. Soit il n’y a eut personne, soit il a bien neigé la nuit dernière. Je le suis de mémoire, retrouvant de ça et là des marquages sur les arbres. La neige vierge et immaculée resplendit sous le soleil. Je profite à fond du moment. Mais finalement, je rate sans doute un passage et me retrouve sans repères. Je continue, zigzaguant entre les arbres, les creux et les bosses du terrain. Parfois, il me faut faire demi tour parce que débouchant sur une barrière rocheuse ou un ravin abrupt, plusieurs fois je m’enfonce jusqu’à la hanche dans des trous de neige. Il me faut même creuser pour me dégager une jambe et une raquette trop profondément ensevelies. Mais j’avance peu à peu, profitant des coins les plus plats, contournant les difficultés. Enfin j’aperçois devant moi le sommet de Sornin ; je me repère. J’ai bien dérivé vers le sud par rapport à l’itinéraire normal. J’ai traversé une zone qui ne doit guère être fréquentée, et même sans doute infréquentable en été. La neige m’a bien facilité le cheminement.
Avant de rejoindre la trace de Sornin, je me rhabille. Et juste après je retrouve les randonneurs de ce matin.


The weekend was rainy and on Monday the weather was superb. That’s a good thing since I have the day off. I hesitate between the Chartreuse and the Vercors. It will be the latter.
Parking at Engins. In the first part, I catch up with a group of four people. I stop to put the snowshoes on. When they pass in front of me again, hearing them talking about Sornin, I decide to change direction. I turn off this main trail for a path that climbs steeply up towards the Molière.
No trace of passage here. I undress immediately. From time to time, a discharge of snow falls on me from the branches, small shivers. I dominate the Isère valley, under a sea of clouds. I arrive in this vast open space under the Molière ridge, just below the cross-country skiing route. I stay on the edge of the forest to avoid being too visible. I see a few cross-country skiers on the trail, but I trust them to look only at the front of their spatulas. I draw like that, parallel to the trail for a while and finally, at the bend of a mound, I find myself right on the edge of the trail. Luckily, no skier nearby. I move away quickly.
I recognize the beginning of the route that leads to Sornin. I’m expecting to find the tracks of the weekend, because it’s a fairly busy route. But nothing. Either there was no one there, or it snowed well last night. I’m following it from memory, finding markings here and there on the trees. The virgin, immaculate snow shines in the sun. I’m enjoying the moment to the fullest. But in the end, I probably miss a passage and find myself without landmarks. I continue, zigzagging between the trees, the hollows and the bumps in the terrain. Sometimes I have to turn back because I end up at a rocky barrier or a steep ravine, and several times I sink hip deep into snow holes. I even have to dig out a leg and a snowshoe that are too deeply buried. But I advance gradually, taking advantage of the flattest corners, getting around the difficulties. At last I can see the summit of Sornin in front of me; I get my bearings. I’ve drifted southward compared to the normal route. I crossed an area that should hardly be frequented, and probably even infrequent in summer. The snow made my journey easier.
Before reaching Sornin’s trail, I put on my clothes. And just after I find the hikers of this morning.

Saint Julien en Beauchêne

Bruno, de Chartreuse, a été à l’initiative d’un rassemblement pour une semaine de randonnées en raquettes dans le Bochaine, entre Vercors et Devoluy. Il a même trouvé le lieu idéal pour un groupe de naturistes, un gîte de l’Onf, situé à quelques kilomètres du village de Saint Julien en Beauchêne, au creux d’un vallon, au bout d’une route forestière fermée à la circulation. Pas de voisins, la tranquillité assurée en pleine nature et la possibilité d’être nus à l’intérieur comme à l’extérieur du bâtiment.
De ce repaire caché au fond des bois, chaque jour, du lundi au vendredi, ont eut lieu des randonnées en raquettes vers des sommets situés à proximité. Quelques kilomètres de trajets en voitures pour rejoindre les points de départ, puis six à sept heures et demi de balades. Nus dès que l’occasion se présentait, c’est à dire dès que le vent ne se faisait pas trop sentir. C’est que cette vallée du Buech est l’une des « sources » du mistral, qui peut souffler très fort, avec violence même, en altitude. Alors cela a nécessité des séances d’habillage et de déshabillage en fonction du relief : Chaudement vêtu sur les crêtes balayées par le vent, nus dans les vallons moins exposés. En fonction aussi des aptitudes de chacun à résister au froid.
Au programme de ces cinq jours : le Quigouret (1729m), le Rognon (1851m), le Luzet (1692m), le Jocou (2051m) et la Pointe Feuillette (1881). Avec toujours en toile de fond ce décor des sommets du Devoluy, de l’Obiou aux aiguilles du Roc et de la Tête de Garnesiet, en passant par le Grand Ferrand.

Le groupe était composé de:(dans le désordre)Bruno de la Chartreuse savoyarde, Bernard de l’Oise, Jean Jacques et Chantal de l’Essonne, Dominique de Bordeaux, Guy du Var, Pierre de Millau, Chantal de l’Aveyron, Christian de Rouen, Patricia, Philippe et Jacques Marie de Grenoble ainsi qu’Alain venu du Nord Isère pour une journée.
Heureuse surprise. Le premier jour, alors que l’on finissait le pique nique à quelques dizaine de mètres sous le sommet, un randonneur est apparu sur la cime, habillé, puis alors que nous descendions, il nous a rejoint, nu. Il s’était rhabillé en nous entendant et nous a accompagné un moment avant de reprendre son itinéraire. Les deux seules autres rencontres ont été un couple de skieurs qui est parti en même temps que nous et s’est retrouvé de ce fait entouré de naturistes, mais ils avaient été prévenus et un groupe de trois skieurs croisés de loin.


Bruno, from Chartreuse, initiated a gathering for a week of snowshoe hiking in the Bochaine, between Vercors and Devoluy. He even found the ideal place for a group of naturists, a gîte of the Onf, located a few kilometres from the village of Saint Julien en Beauchêne, in the middle of a valley, at the end of a forest road closed to traffic. No neighbours, peace and quiet in the middle of nature and the possibility to be naked inside and outside the building.
From this hideout hidden deep in the woods, every day, from Monday to Friday, snowshoe hikes to nearby peaks took place. A few kilometres by car to reach the starting points, followed by six to seven and a half hours of walks. Naked as soon as the opportunity arose, i.e. as soon as the wind was not too strong. The Buech valley is one of the « sources » of the Mistral, which can blow very hard, even violently, at high altitude. So this required dressing and undressing sessions according to the relief: warmly dressed on the windy ridges, naked in the less exposed valleys. Also according to each person’s ability to withstand the cold.
On the programme for these five days: the Quigouret (1729m), the Rognon (1851m), the Luzet (1692m), the Jocou (2051m) and the Pointe Feuillette (1881). Always with this backdrop of the peaks of Devoluy, the Obiou, the aiguilles du Roc and the Tête de Garnesiet, not forgetting the Grand Ferrand.
The group was composed of: (in no particular order) Bruno from the Savoyard Chartreuse, Bernard from the Oise, Jean Jacques and Chantal from the Essonne, Dominique from Bordeaux, Guy from the Var, Pierre of Millau, Chantal from the Aveyron, Christian from Rouen, Patricia, Philippe and Jacques Marie from Grenoble as well as Alain who came from the North Isère for a day.
Happy surprise. On the first day, as we were finishing the picnic a few dozen meters below the summit, a hiker appeared on the summit, dressed, then as we were descending, he joined us, naked. He had put his clothes back on when he heard us and accompanied us for a while before resuming his route. The only other two encounters were a couple of skiers who left at the same time as us and found themselves surrounded by naturists, but they had been informed and a group of three skiers crossed from afar.


Retour au gîte des Étroits, près du village de Saint Julien en Beauchêne pour une nouvelle semaine de raquettes nu et randonnue, toujours à l’initiative de Bruno.
Par rapport à l’année précédente, l’équipage a subi quelques modifications: Si Philippe de la Matheysine, Pierre de Millau, Bruno de Chartreuse, Dominique de Bordeaux, Guy du Var et Jacques Marie de Grenoble sont de nouveau là, c’est en compagnie cette fois de Francis de Normandie, Jac de Savoie et de Michel et Emmanuelle de Provence, avec une visite le premier jour de Franck de Gap. Rien que du beau monde! Prêt a enchaîner les kilomètres en distance et en dénivelé, raquettes aux pieds ou sur le sac, sous le soleil ou dans le vent.
Avec sept randos au programme, ce fut une semaine bien remplie comme le montrent les données du gps:
Roc Aurian : 4h47 de balade pour 9,25 km et 598 m de dénivellation, pour la mise en jambe
Le col de Plate Contier : 5h26, 9,15 km et 816 m, coté Dévoluy du décor.
La Toussière : 6h28, 9,74 km et 890 m, glaciale en bas, resplendissante en haut.
La montagne Durbonas : 7h30, 18,2 km et 1164 m, en partant directement à pieds du gîte.
Les Chabottes : 4h50 seulement , 13,94 km et 714 m (toujours selon le gps!), une petite sortie de récupération.
Chamousset : 5h28, 8,5 km et 922 m, pour terminer et fêter l’événement avec une bouteille de clairette au sommet.


Return to the gîte des Etroits, near the village of Saint Julien en Beauchêne for another week of naked snowshoeing and hiking, still at Bruno’s initiative.
Compared to the previous year, the crew has undergone some changes: If Philippe of Matheysine, Pierre of Millau, Bruno of Chartreuse, Dominique of Bordeaux, Guy of the Var and Jacques Marie of Grenoble are here again, it is this time in the company of Francis of Normandy, Jac of Savoy and Michel and Emmanuelle of Provence, with a visit on the first day of Franck of Gap. What a great crowd! Ready to complete the kilometers in distance and altitude, snowshoes on your feet or on your bag, under the sun or in the wind.
With seven hikes on the program, it was a busy week as the gps data shows:
Roc Aurian: 4h47 of walk for 9,25 km and 598 m of difference in altitude, for the introduction.
The Plate Contier pass: 5h26, 9.15 km and 816 m, Devoluy side of the set.
La Toussière: 6h28, 9.74 km and 890 m, icy at the bottom, resplendent at the top.
The Durbonas mountain: 7h30, 18.2 km and 1164 m, leaving directly from the gîte on foot.
Les Chabottes : 4h50 only, 13,94 km and 714 m (still depending on the gps!), a small recovery trip.
Chamousset : 5h28, 8.5 km and 922 m, to finish and celebrate the event with a bottle of clairette at the summit.