Montagne de l’Eglise

Mi janvier. Après quelques jours de froid glaçant, le thermomètre a grimpé d’au moins 10°. Le soleil est aussi de la partie. J’ai déjà randonné la veille dans le Vercors, mais bon, je me décide pour une balade que je connais bien au dessus du hameau du Gua. Je pars habillé : sur-pantalon, maillot technique, polaire et blouson. Il fait environ 7°C . Une portion d’une quinzaine de minutes presque à plat pour s’échauffer. J’arrive au croisement au bas de la montée. Là, j’enlève maillot et polaire, ne gardant que le blouson, je quitte aussi le sur-pantalon mais enfile un short rapide. J’ai bien fait, un homme avec son chien déboule en face de moi. « C’est presque le printemps ! – Oui il fait chaud » J’ai peur qu’il ne prenne la même direction que moi, mais non, il s’éloigne vers le hameau. J’attaque la montée qui est longue et ingrate sur cette vieille piste forestière caillouteuse. Mais très vite j’arrive aux premières plaques de neige et je m’aperçois qu’il n’y a aucune trace de passage. Je peux donc tout quitter. C’est tellement plus agréable. A mi pente je me décide à chausser les raquettes. Au bout d’une heure et demie de montée ininterrompue j’arrive à la cassure du plateau et à la vieille cabane qui commence à tomber en ruine. De là je prends sur la droite à travers la forêt puis grimpe jusqu’à la crête. Généralement je continue sur la droite en direction de l’Oeillon, un monolithe rocheux qui est un objectif de balade. Mais sur cette crête je tombe sur une trace récente, peut être de la veille. Je décide de la suivre en prenant sur la gauche pour voir d’où elle peut bien venir. Elle serpente entre les arbres en bordure de falaise pour finalement basculer par une descente raide de marches creusées dans la neige sur le versant exposé nord à l’ombre au dessus du village de Mont Saint Martin. Je ne m’aventure pas à la suivre mais vérifie sur la carte. Il y a bien un itinéraire de ce côté là. Que je ne connaissais pas mais qui mériterait sans doute une exploration…mais plus tard, par temps d’été. Après une pause pique nique je reviens vers la cabane en coupant un peu au hasard dans la forêt. L’orientation est assez facile sur ce plateau bordé de falaises. Puis c’est la descente presqu’aussi longue que la montée. Je reste nu jusqu’à une vingtaine de mètres de la route au bord de laquelle ma voiture est garée. Quatre heure de nudité en cette période, je ne vais pas me plaindre !


Mid-January. After a few days of freezing cold, the temperature has risen by at least 10°C. The sun is shining too. I already went hiking the day before in the Vercors, but I decide to go for a walk that I know well above the hamlet of Le Gua. I set off fully dressed: overtrousers, technical jersey, fleece, and jacket. It’s about 7°C. A fifteen-minute stretch of almost flat ground to warm up. I arrive at the crossroads at the bottom of the climb. There, I take off my jersey and fleece, keeping only my jacket on, and I also take off my overtrousers and put on some quick-dry shorts. I did the right thing, as a man with his dog comes running towards me. “It’s almost spring! – Yes, it’s warm.” I’m afraid he’ll go in the same direction as me, but no, he heads away towards the hamlet. I tackle the long and thankless climb on this old, stony forest track. But very quickly I reach the first patches of snow and realize that there are no tracks. So I can take everything off. It’s so much more pleasant. Halfway up the slope, I decide to put on my snowshoes. After an hour and a half of uninterrupted climbing, I reach the break in the plateau and the old hut that is starting to fall into ruin. From there, I turn right through the forest and climb up to the ridge. I usually continue to the right towards the Oeillon, a rocky monolith that is a popular hiking destination. But on this ridge, I come across a recent trail, perhaps from the day before. I decide to follow it, turning left to see where it might lead. It winds between the trees at the edge of the cliff and finally descends steeply via steps carved into the snow on the north-facing slope in the shade above the village of Mont Saint Martin. I don’t venture to follow it, but check the map. There is indeed a route on that side. I didn’t know about it, but it would certainly be worth exploring… but later, in summer. After a picnic break, I return to the cabin, cutting through the forest at random. It’s fairly easy to find your way on this plateau bordered by cliffs. Then comes the descent, which is almost as long as the climb. I remain naked until I am about twenty meters from the road where my car is parked. Four hours of nudity at this time of year, I’m not going to complain!

Jalla

Il est parfois inutile d’aller bien loin ! Je suis parti à pied de la maison, habillé d’un short, d’un tee shirt et d’un blouson qui est vite passé dans le sac. Il y a un chemin qui démarre à une centaine de mètres de chez moi, un ancien tracé de wagonnets d’une mine de pierres. Il rejoint ensuite un cheminement jusqu’à présent très peu utilisé car même pas indiqué sur les cartes qui monte aux fortifications de la Bastille au dessus de Grenoble. J’avais trouvé un peu à l’écart un coin d’herbe qui me permettait de me mettre à nu. Mais ce sentier vient d’être aménagé pour le rendre plus facile. Il sera donc plus fréquenté et mon endroit préféré visible. Il me fallait trouver une alternative. En cherchant un peu en coupant dans la végétation je suis tombé sur une clairière située juste en face de l’échauguette et du fossé des fortifications. Un quart d’heure de nudité au soleil. Puis je me suis rhabillé pour atteindre la Bastille et le chemin du mont Jalla. Un peu de monde tout au long, surtout des coureurs de trail à l’entraînement. Passé le monument du Jalla, j’ai pris le chemin qui peux me ramener vers les hameaux du village. Mais à mi chemin, j’ai changé d’idée. Derrière la ruine d’une maison, j’ai retrouvé la trace d’une sente qui grimpe droit dans la forêt. Pas de risque ici de rencontre. Aussitôt nu. Mais qu’est ce que c’est raide, glissant. Le sentier passe devant un trou. Sans doute une ancienne galerie de mine d’autrefois. Toute cette montagne a été creusée au cours des siècles de mines de pierre. Il en reste encore une en exploitation de nos jours, mais industrielle, pas comme celle ci. Je jette un coup d’œil à l’intérieur, mais ne m’engage pas vraiment. Je n’ai ni casque, ni lampe, je suis nu et personne ne sait où je suis ! Je continue dans la forêt. Le chemin devient plus plat, puis commence à redescendre. Il traverse une zone d’éboulements datant de quelques dizaines d’années, rejoint une piste plus large. Je bifurque sur un sentier qui va me ramener vers la civilisation. Un dernier moment de pause au dessus de la ville avant de me rhabiller. Il ne me reste plus qu’à arriver aux premières maisons, retrouver la route et marcher jusqu’à chez moi. Une heure tout de même de randonnue dans ma commune.


Sometimes you don’t have to go far! I set off on foot from home, dressed in shorts, a tee shirt and a jacket that quickly went into the bag. There’s a path that starts about a hundred meters from my house, an old wagon track from a stone mine. It then joins up with a hitherto little-used path, not even indicated on the maps, which climbs up to the Bastille fortifications above Grenoble. I’d found a patch of grass a little way off, where I could get naked. But this trail has just been made easier. As a result, it will be busier and my favorite spot more visible. So I had to find an alternative. After a bit of searching through the vegetation, I came across a clearing just opposite the watchtower and the fortification ditch. A quarter of an hour of nudity in the sun. Then I put my clothes back on to reach the Bastille and the Mont Jalla path. A few people along the way, mostly trail runners in training. Past the Jalla monument, I took the path that could take me back to the village hamlets. But halfway along, I changed my mind. Behind the ruin of a house, I found a trail that climbed straight up into the forest. No risk of encounter here. Immediately naked. But it’s steep and slippery. The path passes a hole. No doubt an old mining gallery. This whole mountain has been hollowed out over the centuries by stone mines. There’s still one in operation today, but an industrial one, not like this one. I take a look inside, but don’t really get involved. I have no helmet, no lamp, I’m naked and nobody knows where I am! I continue into the forest. The path becomes flatter, then begins to descend. It crosses an area of landslides dating back a few decades, joins a wider track. I turn off onto a path that will take me back to civilization. A final pause above the town before getting dressed. All that’s left is to reach the first houses, get back on the road and walk home. It’s still an hour’s naked walk in my local commune.

La Servelle depuis Volvent

A deux reprises déjà avec les Marcheurs Nus du Val de Roanne j’étais monté à la Servelle, une fois en hiver en raquettes en 2014 et la seconde fois en mars 2023, mais toujours en partant du village d’Aucelon. D’où ma proposition d’une nouvelle montée à ce petit sommet emblématique du Diois par l’autre versant, depuis le village de Volvent. Je prends Christian à Die et l’autre Christian et Robert à Vercheny. Yves nous attendra au col de la Vache, au départ du chemin. Mais que ce village de Volvent est éloigné. Il nous faut bien une heure pour faire cette cinquantaine de kilomètres sur les routes sinueuses le long de la Roanne puis en montagne. Jonction faites, on commence sur une large piste. On a vite chaud et on se déshabille à l’intersection de la piste plus ancienne de la Combe Chaude. Ça monte tranquillement et on avance bien. On a le soleil dans le dos, le ciel bleu au dessus de nous. On traverse un parc à vache encore désert en cette saison. Avant la jonction avec la piste du GR de Pays, on voit arriver sur celle ci un couple de randonneurs qui passe sans détourner la tête pour ne pas nous voir sans doute. Peu après à Champ Rabi on bifurque sur la droite sur un sentier qui monte vers le col du Pin et le sommet de la Servelle, là bas au loin. Devant nous, deux autres randonneurs vont plus vite que nous et s‘éloignent peu à peu. Le parcours suit la crête, longeant une barrière qui s’étire jusqu’au sommet, montant tout droit. Deux randonneuses apparaissent sur le côté, venant d’on ne sait où. Elles restent un peu à l’écart derrière nous, suivant de loin. On les entend rire. Au sommet, les deux randonneurs qui nous précédaient sont encore là, s’apprêtant à repartir, mais attendant peut être aussi de vérifier notre tenue. « Vous n’avez pas froid ? ». C’est un couple chaudement habillé, mais très souriant. On bavarde un peu avant qu’ils ne s’éloignent. Panorama à 360° : sur les sommets de la Drôme : Trois Becs, Couspeau, et le Glandasse; le Vercors, les Écrins au loin, le Dévoluy et là bas le mont Ventoux. Séance photo, mais on ne traîne pas trop pour laisser la place aux deux randonneuses qui arrivent. On cherche un coin à l’abri du vent pour la pause casse croûte. Mais durant cet arrêt, le ciel se voile et la fraîcheur se fait sentir. On repart en coupant un peu au jugé dans la prairie de l’alpage puis dans un maquis de genets et de buis, jusqu’à rejoindre la piste qui descend vers notre parking. Le soleil est revenu. Un dernier détour pour une photo de groupe devant la Servelle.


I’d already been up to La Servelle twice with the Val de Roanne Naked Walkers, once in winter on snowshoes in 2014 and the second time in March 2023, but always starting from the village of Aucelon. Hence my proposal for a new ascent of this small, emblematic summit of the Diois by the other side, from the village of Volvent. I’ll pick up Christian in Die and the other Christian and Robert in Vercheny. Yves will be waiting for us at the Col de la Vache, at the start of the trail. But Volvent is a long way away. It takes us well over an hour to cover the fifty kilometers or so on winding roads along the Roanne and then up into the mountains. Once we’ve made the junction, we start out on a wide track. We soon get hot and strip off at the intersection with the older Combe Chaude track. It’s a gentle climb and we’re making good progress. The sun is at our backs, the sky blue above us. We cross a cow park, still deserted at this time of year. Just before the junction with the GR de Pays trail, we see a couple of hikers on the trail who pass by without looking away, probably to avoid seeing us. Shortly after Champ Rabi, we branch off to the right onto a path that climbs towards the Col du Pin and the summit of La Servelle, there in the distance. Ahead of us, two other hikers are going faster than us and gradually pulling away. The climb follows the ridge, skirting a barrier that stretches all the way to the summit, going straight up. Two female hikers appear on the side, coming from who knows where. They stay a little way behind us, following from a distance. We can hear them laughing. At the summit, the two hikers who preceded us are still there, preparing to set off again, but perhaps also waiting to check our outfit. “Aren’t you cold?”. They’re a couple, warmly dressed but smiling. We chat a little before they move off. 360° panorama of the Drôme peaks: Trois Becs, Couspeau and Glandasse; the Vercors, Écrins in the distance, Dévoluy and Mont Ventoux below. Photo session, but we don’t hang around too long to make room for the two hikers arriving. We look for a spot sheltered from the wind for a snack break. But during this stop, the sky clouds over and it gets cooler. We set off again, cutting across the meadow of the alpine pasture, then through a thicket of broom and boxwood, until we reach the track leading down to our parking lot. The sun has returned. A final detour for a group photo in front of La Servelle.

Pennes le Sec

En cette fin janvier, la météo prévoit une journée calme et ensoleillée entre deux périodes pluvieuses. C’est vrai que l’on a eu droit à un orage de grêle impressionnant et la neige est retombée sur les montagnes. Je propose donc à l’association des Marcheurs Nus du Val de Roanne une sortie pour ce jour là. Je choisis une boucle à partir du village de Pennes le Sec par rapport à l’orientation vers le sud d’une partie du parcours, tout en sachant que l’on n’évitera pas un passage en versant nord. On se retrouve à cinq sur le petit parking du village. On s ‘éloigne et assez vite les vêtements tombent, avant même la traversée de la route pour attaquer la montée qui va nous mener au pas des Blaches, passage entre deux crêtes de roches aux formes de lames étroites et penchées. Un belvédère nous offre une vue sur le paysage jusqu’au mont Ventoux dans le lointain. C’est le moment de quitter le soleil bienfaisant sur la peau pour une descente en lacets dans l’ombre de la forêt suivie d’une longue traversée à niveau. Le température est bien descendue, mais la marche s’est fait rapide et l’énergie nous maintient presque chaud, mais il ne faut pas traîner ! On ressort finalement au soleil par une sorte de porte étroite dans un rocher. Arrêt pique nique apprécié. Mais le soleil se voile et on repart en partie vêtus sur la large piste qui nous ramène en direction du village. On a pas vraiment envie de finir si vite. On décide de suivre la route sur quelques centaines de mètres, plus ou moins habillés, pour rejoindre une piste qui descend en pente douce dans la vallée. Le soleil a réapparu pour notre grand plaisir. Il va nous rester à remonter vers le village par un chemin qui grimpe tout droit. Dans un champ sur le côté la vue d’une épave rouillée de vieille voiture nous attire. L’occasion d’une bonne série d’images. Puis l’on se couvre avant les premières maisons du village.


At the end of January, the weather forecast called for a calm, sunny day between two rainy periods. It’s true that we had an impressive hailstorm and the snow fell on the mountains. So I suggested to the Val de Roanne Naked Walkers association an outing for that day. I chose a loop starting from the village of Pennes le Sec, as part of the route was south-facing, although I knew we wouldn’t be able to avoid a passage on the north-facing slope. Five of us meet in the village parking lot. We set off and soon enough our clothes came off, even before crossing the road to tackle the climb up to the Pas des Blaches, a passage between two narrow, sloping ridges of rock. A lookout offers a view of the landscape as far as Mont Ventoux in the distance. It’s time to leave the skin-soothing sun behind for a winding descent through the shadows of the forest, followed by a long, level traverse. The temperature is well down, but the walk is brisk and the energy almost keeps us warm, but we mustn’t linger! We finally emerge into the sunshine through a sort of narrow door in a rock. A welcome picnic stop. But then the sun fades and we set off again, partly clothed, on the wide track that takes us back towards the village. We don’t really feel like finishing so soon. We decide to follow the road for a few hundred meters, more or less clothed, to join a track that slopes gently down into the valley. The sun has reappeared, much to our delight. All that’s left for us to do is climb straight up to the village. In a field to one side, the sight of a rusty wreck of an old car attracts us. The opportunity for a good series of images. Then we cover up before the first houses of the village.

Montagne de Boutarinard

Retour à Jonchères trois semaines après notre dernière balade des Marcheurs nus du Val de Roanne. Cette fois on est cinq et ce n’est plus une boucle mais un cheminement le long des crêtes de la montagne de Boutarinard puis de celle d’Aucelon qui va nous mener jusqu’à un hameau de Montlaur en Diois, où on a laissé une voiture pour le retour.

On reprend le même chemin, droit et raide qui nous mène au col de Volvent. Un soleil un peu voilé nous a vite réchauffé et mis en tenue. Au col on part cette fois sur notre droite, grimpant encore un peu entre massifs de buis et herbes hautes jaunies. On contourne le premier sommet. On est juste en face de la Servelle et au loin des Trois Becs, deux sommets emblématiques de la région, tous deux déjà parcourus en randonnues. On arrive sur la crête, dominant la longue ligne rocheuse, et plus bas les villages de Jonchères et Poyols. On s’approche du bord, parfois prudemment tant certains blocs de rochers semblent instables et prêts à s’écrouler. Les gigantesques cicatrices de plusieurs effondrements témoignent des mouvements de la montagne au cours des temps géologiques. On se sent tout petit face à ce paysage de chaos. Entre arrêts pour admirer le panorama et stops photos, on n’avance finalement pas si vite et le temps passe. En plus le ciel a tendance à se voiler. Il nous faut accélérer un peu, puis chercher un coin abrité du vent pour le pique nique. Cet arrêt nous refroidit quelque peu et on repart avec les vestes polaires. Mais finalement on se réchauffera en marchant. Il reste encore une bonne distance à parcourir et le relief n’est pas aussi plat que le suggère la carte. C’est une succession de montées et descentes où il faut parfois se frayer un chemin entre les massifs de buis. Mais on arrive au pas de la Pousterle qui nous permet de franchir la barrière de falaise. Il ne nous reste plus qu’à descendre d’abord par un petit sentier puis une large piste jusqu’au hameau près duquel nous attends la voiture. 16Km et 900m de dénivelé en 6heures et quart, c’était une belle balade !


Back to Juneères three weeks after our last walk with the Val de Roanne Naked Walkers. This time there are five of us, and it’s no longer a loop, but a walk along the ridges of Boutarinard and Aucelon mountains to a hamlet in Montlaur en Diois, where we’ve left a car for the return journey.
We take the same straight, steep path back to the Col de Volvent. A slightly hazy sun quickly warmed us up and got us dressed appropriately. At the pass, we turn right this time, climbing a little more between clumps of boxwood and tall yellowing grass. We rounded the first summit. We’re right in front of La Servelle and in the distance of Les Trois Becs, two emblematic peaks of the region, both of which we’ve already hiked naked. We arrive on the ridge, overlooking the long line of rock, and below the villages of Jonchères and Poyols. We approach the edge, sometimes cautiously as some boulders seem unstable and ready to topple over. The gigantic scars of several collapses are testimony to the mountain’s movements over geological time. You feel very small in the face of this chaotic landscape. Between stops to admire the panorama and photo stops, we’re not moving so fast after all, and time is running out. What’s more, the sky tends to cloud over. We have to speed up a little, then look for a spot sheltered from the wind for our picnic. This stop cools us down a little and we set off again with our fleece jackets. But in the end, we’ll warm up by walking. There’s still a long way to go, and the terrain is not as flat as the map suggests. It’s a succession of ascents and descents where you sometimes have to pick your way through clumps of boxwood. But we reach the Pousterle pass, which allows us to cross the cliff barrier. All that’s left is to descend first along a narrow path, then a wide track to the hamlet where the car is waiting. 16Km and 900m of ascent in 6 hours and 15 minutes, it was a great hike!

Praloubeau

Dernier jour de janvier, on se retrouve à quatre de l’association des Marcheurs Nus du Val de Roanne sur le petit parking en face de la mairie de Jonchère. En arrivant le thermomètre marquait 1°C, mais le soleil est là. La boucle prévue peut se faire indifféremment dans les deux sens. On décide d’attaquer par le côté le plus raide, histoire de bien se réchauffer. Et c’est vrai que l’on a vite chaud tant le chemin s’élève droit le long d’un champ en face du village. Les premières couches tombent et à l’orée de la forêt on est tous nus. On arrive au col de Volvent en 1h10 pour les 500 m de dénivelé. Il reste encore à grimper jusqu’au sommet de Praloubeau, où un vent frais, presque froid, nous cueille mais ne nous empêche pas d’admirer le paysage sur 360°. Au delà de Jonchère, au fond, les aiguilles du Dévoluy, sur le côté, la vallée de la Drôme, derrière nous, les Trois Becs, puis là bas au sud, dans la brume, le forme caractéristique du Ventoux. On longe la crête, pratiquement à l’abri du vent. Longue ligne de falaise sur notre gauche, de pente herbeuse sur la droite. Quelques bouquets d’arbres et de buis. On se pose pour le pique nique derrière un massif de buis. On est si bien là qu’une sieste de trois quart d’heure s’ensuit. Mais il faut penser à repartir ! La ligne du relief s’abaisse progressivement puis on bifurque sur un sentier qui plonge raide vers le col de la Motte où l’on trouve une large piste qui va nous ramener à Jonchère. Sur le bas côté des flaques d’eau sont encore gelées. Pourtant on ne sent absolument pas de froid, tant la peau nue capte et engrange le moindre rayon de soleil. Rhabillage au moment de rejoindre la route et le village après 5h30 de balade.


On the last day of January, the four of us of the Naked Walkers of the Roanne Valley association meet in the small parking lot opposite Jonchère town hall. On arrival, the thermometer registered 1°C, but the sun was out. The planned loop can be done in either direction. We decide to tackle the steepest side, just to warm up. And it’s true that we soon get hot, as the path rises straight up along a field opposite the village. The first layers fall off, and by the edge of the forest we’re all naked. We reach the pass of Volvent in 1h10 for the 500 m ascent. We still have to climb to the summit of Praloubeau, where a fresh, almost cold wind picks us up but doesn’t stop us from admiring the 360° landscape. Beyond Jonchère, in the background, the snow-covered needles of Dévoluy, to the side, the Drôme valley, behind us, the Trois Becs, then over there to the south, in the mist, the characteristic shape of Ventoux. We skirt the ridge, virtually sheltered from the wind. A long line of cliffs on our left, grassy slopes on the right. A few clumps of trees and boxwood. We settle down for a picnic behind a clump of boxwood. We’re so comfortable here that we take a three-quarter-hour nap. But it’s time to start again! The topography gradually lowers, then we fork onto a path that plunges steeply down to the pass of Motte, where we find a wide track that will take us back to Jonchère. Puddles of water are still frozen on the roadside. And yet we don’t feel the cold at all, our bare skin soaking up the slightest ray of sunlight. We get dressed before heading back to the road and the village after a 5h30 walk.

Pinea

On a une tradition avec ma compagne depuis une douzaine d’années : monter à la Pinea entre décembre et janvier, histoire de voir si on en est encore capable, si on n’est pas encore trop vieux ! C’est une balade d’environ 700 m de dénivelé. On l’a fait parfois sans neige, le plus souvent en raquettes. Une fois ou deux on n’a pas pu atteindre le sommet, trop dangereux avec les conditions de neige. Bref, c’était au programme ce samedi de mi janvier. La Pinea est une balade classique et fréquentée depuis la station du col de Porte, mais nous préférons partir d’un hameau de Sarcenas. Cela augmente quelque peu le dénivelé et la difficulté, mais ce parcours est bien plus tranquille et sauvage, du moins jusqu’à la jonction avec la partie venant du col. Pas d’autre voiture sur le petit parking au bout de la route. Dans la neige, quelques traces mais qui semblent dater de la veille ou des jours précédents. Le premier raidillon échauffe vite. Sur un replat je quitte le bas et ne garde que mon blouson. Ma compagne ne dit rien. On continue à monter d’abord sur des pistes forestières, puis sur un petit sentier qui grimpe en lacets dans la forêt. « On va arriver au carrefour, il faut te rhabiller ». Effectivement entre les arbres j’aperçois du passage un peu plus haut. Je remets mon pantalon qui s’ouvre tout le long sur les jambes et permet d’être enfiler sans quitter les raquettes et je referme mon blouson. Là le cheminement est bien tracé et bien damé, on croise du monde. La partie finale est un peu plus technique. Il vaut mieux enlever les raquettes entre neige molle et blocs de rochers. Au sommet, deux groupes. Le premier redescend vite. Les autres s’installent pour pique niquer. Nous aussi. Une mer de nuages recouvre toutes les vallées. Au dessus le ciel est resplendissant de soleil. La vue s’étend loin, jusqu’au mont Blanc dans le fond qui apparaît derrière les sommets de la Chartreuse. J’espère seulement qu’ils ne vont pas rester trop longtemps pour avoir le sommet pour nous seuls et pouvoir faire une vue panoramique à 360°. Voilà c’est dans la boite ! On peut attaquer la descente. Dans la partie bien pentue, on croise une trentaine de scouts, bien jeunes, mal équipés, portant des luges, certains assez épuisés…mais polis ! On rejoint la forêt et rapidement on quitte le cheminement pour prendre un autre passage discret que l’on connaît et qui nous ramènera par un autre versant. Aussitôt je suis de nouveau nu. Même si le parcours est à l’ombre le mouvement me protège du froid. Je me rhabille en arrivant à proximité du hameau. 5H20 de balade dont deux bonnes heures de nudité, appréciables en cette saison !


My partner and I have had a tradition for a dozen years: we climb the Pinea between December and January, just to see if we can still do it, if we’re not too old! It’s a 700 m ascent. We’ve done it sometimes without snow, most of the time on snowshoes. Once or twice we couldn’t reach the summit, as the snow conditions were too dangerous. In short, it was on the agenda for this Saturday in mid-January. The Pinea is a classic and popular walk from the Col de Porte resort, but we prefer to start from a hamlet in Sarcenas. This increases the gradient and difficulty somewhat, but it’s a much quieter and wilder route, at least up to the junction with the section coming from the col. No other cars at the small parking lot at the end of the road. There are a few tracks in the snow, but they seem to date from the previous day or two. The first steep section quickly warms up. On a flat spot I take off my socks and keep only my jacket on. My wife says nothing. We continue to climb, first on forest tracks, then on a small path that twists and turns through the forest. « We’re coming up to the crossroads, you need to get dressed ». Indeed, between the trees, I can see a passage a little higher up. I put on my pants, which open all the way down my legs so that I can put them on without leaving my snowshoes, and zip up my jacket. The path is well marked and well groomed, and there are plenty of people around. The final section is a little more technical. It’s best to take off your snowshoes between soft snow and boulders. At the summit, two groups. The first descends quickly. The others settle down for a picnic. And so do we. A sea of clouds covers all the valleys. Above, the sky is resplendent with sunshine. The view stretches as far as Mont Blanc in the background, appearing behind the peaks of the Chartreuse. I just hope they don’t stay too long so we can have the summit to ourselves and enjoy a 360° panoramic view. That’s it! We can now attack the descent. On the steep part of the descent, we come across about 30 scouts, quite young, ill-equipped, carrying sledges, some of them quite exhausted…but polite! We rejoin the forest and quickly leave the path to take another discreet passage that we know and which will take us back down another slope. Immediately I’m naked again. Even though the route is in the shade, the movement protects me from the cold. I put my clothes back on when we get close to the hamlet. 5 hours 20 minutes of walking, including a good two hours of nudity, which is much appreciated at this time of year!

Saint Benoit – Rimon

Presque deux mois sans sortie de l’association des Marcheurs Nus du Val de Roanne. C’est que la météo n’a guère été favorable entre pluie et froid. Mais pour cette fin de semaine de mi décembre un créneau optimiste semble se préciser. Alors une invitation est lancée pour le vendredi 15, on verra bien ce qu’il en sera !…Le jours dit on se retrouve à huit au rendez vous, c’est dire si chacun-e était impatient-e de se retrouver en compagnie sur les chemins pour oublier un peu cette entrée dans l’hiver. Le thermomètre ne marque que 7° sur le parking du petit village de Saint Benoît en Diois (26 habitants). Mais en face les vignobles qui s’étagent sur la pente sont inondés de soleil. Passé le creux du ruisseau encore dans l’ombre, on attaque la montée entre les vignes, et vite les premiers se déshabillent. Au sommet le large chemin agricole laisse la place à un étroit sentier qui grimpe ou tire à flanc dans la forêt pour franchir une série de combes. Petit à petit tout le monde se dénude, au moins partiellement. Le paysage s’ouvre sur des champs lorsqu’on arrive à proximité du village de Rimon. On rejoint une route, si peu fréquentée en cette saison que l’on se permet de la suivre sur plusieurs centaines de mètres sans se couvrir jusqu’à prendre dans un virage une piste qui part à l’horizontal sous la ligne de crête. Arrêt pique nique de part et d’autre du chemin assis sur des rochers ou dans l’herbe. Clairette pour fêter ce qui sera la dernière sortie de l’année de l’association. On longe le pied de barres rocheuses colorées, le sentier commence ensuite à plonger dans la forêt en direction de pas de la Pousterle puis de façon plus raide vers les vignes que l’on a quitté dans la matinée. La boucle ainsi fermée, il ne reste plus qu‘à descendre tranquillement en profitant encore du soleil alors que le village lui est déjà passé dans l’ombre. On se rhabillera bien à contrecœur juste avant de passer nous même dans l’ombre.


Almost two months without an outing for the Val de Roanne Naked Walkers Association. That’s because the weather hasn’t been favorable, with rain and cold. But for this mid-December weekend, an optimistic window of opportunity seems to be opening up. So an invitation was issued for Friday the 15th, and we’ll just have to see what happens!… On the day in question, eight of us turned up for the meeting, and everyone was eager to get out on the trails and forget the onset of winter for a while. The thermometer only registers 7°C in the parking lot of the small village of Saint Benoît en Diois (population 26). But across the hillside, the vineyards are bathed in sunshine. Past the hollow of the stream, still in shadow, we start the climb through the vines, and soon the first ones are stripping off. At the summit, the wide farm track gives way to a narrow path that climbs or shoots steeply through the forest to cross a series of combes. Gradually, everyone is stripped, at least partially. The landscape opens out onto fields as we approach the village of Rimon. We join a road, so little used at this time of year that we take the liberty of following it for several hundred meters without covering ourselves until, at a bend, we take a track that runs horizontally under the ridge line. Picnic stops on either side of the path, sitting on rocks or grass. Clairette to celebrate what will be the association’s last outing of the year. Skirting the foot of colorful rocky bars, the path then begins to plunge into the forest towards the pas de la Pousterle, then steeper towards the vineyards we left in the morning. With the loop now closed, all that remains is a leisurely descent, still enjoying the sunshine, while the village has already passed into the shade. We’ll reluctantly get dressed just before passing into the shade ourselves.

Corde

En ce mois de février, il n’y a pratiquement pas de neige en Chartreuse, c’est donc à une balade à pieds que nous invite Bruno. Nous sommes quatre. Le petit parking du Pont des Allemands est déjà bien rempli, mais pas d’inquiétude, c’est aussi le départ d’un chemin qui mène au monastère de la Grande Chartreuse. Nous nous partons en sens opposé. Nous doublons seulement trois personnes chargées de matériel de prise de vue, mais nous sommes encore habillés à ce moment là. Au bout d’une vingtaine de minutes, réchauffés et au soleil nous pouvons quitter les vêtements. Un petit sentier en forêt, la traversée d’une piste, puis un second chemin, nous arrivons au habert des Rochers. Arrêt devant la bâtiment. Un vieux cadran solaire en orne le mur. On repart pour atteindre notre point culminant au dessus du habert de Corde, que l’on évite. Arrêt pique nique et courte sieste dans la prairie juste devant une chapelle en rondins de bois édifiée il y a une vingtaine d’années par les scouts. A l’intérieur, je trouve même une geocache bien mal dissimulée. Retour par un chemin défoncée par le débardage et la fonte des dernières plaques de neige. On enfonce les chaussures dans la boue. Puis on retrouve un cheminement plus pratique, avec la barrière rocheuse du Grand Som en panorama juste en face de nous.


In this month of February, there is almost no snow in Chartreuse, so Bruno invites us to go for a walk. We are four. The small parking lot of the Pont des Allemands is already quite full, but don’t worry, it’s also the start of a path that leads to the Grande Chartreuse monastery. We leave in the opposite direction. We only pass three people loaded with camera equipment, but we are still dressed at this time. After about twenty minutes, warmed up and in the sun, we can remove our clothes. A small path in the forest, the crossing of a track, then a second path, we arrive at the habert des Rochers. Stop in front of the building. An old sundial decorates the wall. One sets out again to reach our culminating point over the habert of Rope, that one avoids. Stop picnic and short nap in the meadow just in front of a chapel in logs of wood built there is about twenty years by the scouts. Inside, I even find a geocache badly hidden. Return by a path damaged by the logging and the melting of the last patches of snow. One pushes the shoes in the mud. Then we find a more practical way, with the rocky barrier of the Big Som in panorama just in front of us.

Les hameaux de Creyers

Nous sommes cinq pour cette sortie de l’association des Marcheurs Nus du Val de Roanne. On est mi février et pourtant le soleil brille dans un ciel bleu, on se croirait presque déjà au printemps. Au bout d’un quart d’heure de marche, on est réchauffé, on peut se déshabiller. Le sentier monte régulièrement entre barres rocheuses et massifs de buis. On rattrape deux personnes, déjà âgées. « J’espère que l’on ne vous choque pas ! On est une association de randonneurs naturistes. – Ah oui, on a vu ça dans le journal ! » On arrive au hameau du Serre, en ruine. Il ne reste que des fragments de murs envahis par la végétation. Un puits, grillagé pour éviter un accident. Un peu plus loin, je sais qu’il existe l’entrée d’un aqueduc souterrain, creusé pour amener l’eau vers le village. Je l’ai déjà exploré, il y a quelques années. L’entrée est protégée par une plaque de tôle et quelques morceaux de bois. On la dégage pour une rapide visite puis on referme soigneusement. On retrouve le couple rencontré en chemin. On prend le temps de discuter. Un de leur grand-père a été le dernier habitant d’un hameau voisin. Ils nous expliquent que chaque maison avait alors une réserve d’eau à la place de la cave. Que les différents hameaux ont été désertés dans les années 1920. Rencontre intéressante ! On continue en montant vers la crête de Courtinasse, quelque peu en mode sangliers, car il n’y a pas vraiment de chemin. Sur la crête on domine la vallée du village de Menée et le cirque d’Archiane, les sommets du Glandasse et des Rochers de Combau. Il existe une grotte dans le coin. Pascal nous assure qu’elle est traversante sous les rochers de l’arête et que l’on peut ressortir sur l’autre versant. Vérification faites. Le passage n’est pas bien long, mais il faut quelque peu ramper sur les cailloux pour passer une étroiture. Pique nique au soleil au milieu des massifs de buis. On descend jusqu’à une large piste que l’on va suivre jusqu’au deuxième hameau en ruine, celui de l’Église. Puis c’est par un petit sentier qui serpente dans la forêt que l’on rejoint notre point de départ. Rhabillage forcé à une dizaine de mètres de la route.


We are five for this outing of the association of the Naked Walkers of Roanne Valley. We are in the middle of February and yet the sun shines in a blue sky, we would almost believe to be already in spring. At the end of a quarter of an hour of walk, we are warmed up, we can undress. The path goes up regularly between rocky bars and massifs of boxwood. We catch up with two persons, already old. « I hope that we do not shock you! We are an association of naturist hikers. – Ah yes, we saw that in the newspaper! » We arrive at the hamlet of Serre, in ruin. It remains only fragments of walls invaded by the vegetation. A well, fenced to avoid an accident. A little further on, I know that there is the entrance of an underground aqueduct, dug to bring water to the village. I have already explored it, a few years ago. The entrance is protected by a plate of sheet metal and some pieces of wood. We clear it for a quick visit then we close it carefully. We find the couple met on the way. We take time to discuss. One of their grandfather was the last inhabitant of a nearby hamlet. They explain us that every house had then a reserve of water in the place of the cellar. That the different hamlets were deserted in the 1920s. Interesting encounter! We continue by going up towards the crest of Courtinasse, somewhat in wild boar mode, because there is not really a way. On the crest we dominate the valley of the village of Menée and the circus of Archiane, the summits of Glandasse and the Rocks of Combau. There is a cave in the area. Pascal assures us that it goes through the rocks of the ridge and that we can go out on the other side. We check it out. The passage is not very long, but we have to crawl a bit on the rocks to pass a narrow gap. Picnic in the sun in the middle of the massifs of boxwood. We go down to a wide track that we are going to follow until the second ruined hamlet, that of the Church. Then it is by a small path which winds in the forest that we join our starting point. Forced re-clothing in about ten meters of the road.