Croatie, Monténégro, Albanie

Au mois de mai ma compagne devait partir huit jours en Bretagne et moi rester seul tranquillement à la maison. Mais voilà que Fred, un copain, m’appelle et me propose de l’accompagner en bateau en Croatie. Dans le passé on a plusieurs fois navigué avec lui, en groupes de huit ou neuf personnes. Cette fois ce sera différent. Je serai seul avec lui sur son catamaran de douze mètres prévu pour huit passagers. Il veut l’emmener du port de Croatie où il est actuellement jusqu’en Grèce pour passer l’été avec sa famille. Il me propose une navigation d’une dizaine de jours jusqu’à l’Albanie. C’est le genre de proposition qu’on ne peut pas refuser !

On atterrit à Zadar. Le bateau nous attend dans une marina à proximité. On démarre dès ce premier après-midi pour trouver une petite crique isolée pour ancrer pour la nuit. Déjà je me suis mis nu lors de cette première petite étape. Je sais que Fred n’hésite pas lui aussi à se déshabiller lors de ses voyages en bateau. Au réveil baignade dans l’eau encore un peu fraîche. Fred se rhabille pour les manœuvres, je reste nu. Et ce sera jusqu’au bout ainsi, ne me vêtant d’un maillot de bain qu’à l’approche des ports ou dans des lieux trop fréquentés de trafic maritime proche. Et un short et un tee shirt pour les sorties « en ville ». Sur le bateau Fred s’occupe de la navigation, de calculer les caps, de tenir la barre. En tant qu’équipier je participe en hissant la voile, mouillant l’ancre et la relevant, nettoyant parfois le pont. J’ai appris aussi à démarrer le moteur, accrocher les pare- battages et veiller à la barre. Fred étant bon cuisinier, je lui laisse la préparation des repas et j’assure la vaisselle.

Les journées se déroulent tranquilles sous le soleil (il faut parfois chercher les coins à l’ombre) et un vent qui nous permet de beaucoup naviguer à la voile. Au cours d’une escale technique de deux jours dans les environs de Split, je pars découvrir les environs à pied et trouve un petit sentier qui mène à une baie de roches isolée. J’en profite. On passe devant Dubrovnik, puis au Monténégro on fait le tour des Bouches de Kotor, paysages impressionnants du relief montagneux au dessus de l’eau, mais trop fréquentés touristiquement. Je suis obligé de rester en maillot au milieu du trafic des bateaux de croisière, hors bords, vedettes et autres navires de transport de passagers. Après une navigation de nuit, passage en Albanie. Les formalités se déroulent dans la ville de Shengjin où l’on mouille dans le port, seul voilier entre des bateaux de pêche, certains bien rouillés. Je fini le voyage à Durres, la deuxième ville d’Albanie. Une petite marina accueille quelques voiliers entre des yachts rutilants et les ferrys pour l’Italie, les cargos et quelques coques en fin de vie près d’un chantier naval. Fin du voyage pour moi mais Fred va continuer avec un nouvel équipier.

Sur le vol de retour vers la France, toute la côte croate se dévoile sous les ailes de l’avion. En quelques minutes je refais le voyage à l’envers.


In May, my partner was supposed to go to Brittany for a week, and I was going to stay home alone, enjoying some peace and quiet. But then Fred, a friend, called and asked me to join him on a boat trip to Croatia. We’ve sailed with him several times in the past, in groups of eight or nine people. This time it will be different. I’d be alone with him on his twelve-meter catamaran, designed for eight passengers. He wanted to take it from the Croatian port where it was currently docked all the way to Greece to spend the summer with his family. He suggested a ten-day trip to Albania. It was the kind of offer you just can’t refuse!
We land in Zadar. The boat is waiting for us in a nearby marina. We set off that very first afternoon to find a small, secluded cove to anchor for the night. I’ve already stripped down during this first short leg. I know Fred doesn’t hesitate to strip down either during his boat trips. Upon waking, a swim in the water, still a bit chilly. Fred gets dressed for the maneuvers; I stay naked. And it’ll stay that way until the end, only putting on a swimsuit when approaching ports or in areas with too much nearby maritime traffic. And shorts and a T-shirt for “town” outings. On the boat, Fred handles the navigation, calculates the courses, and steers the helm. As a crew member, I help by hoisting the sail, dropping and raising the anchor, and sometimes cleaning the deck. I’ve also learned how to start the engine, secure the fenders, and stand watch at the ship’s wheel. Since Fred is a good cook, I let him handle meal prep while I take care of the dishes.
The days pass peacefully under the sun (we sometimes have to search for shady spots) and a breeze that allows us to sail a lot. During a two-day technical stopover near Split, I set out to explore the area on foot and found a small path leading to a secluded rocky cove. I took full advantage of it. We sail past Dubrovnik, then in Montenegro we circle the Bay of Kotor, with its impressive landscapes of mountainous terrain rising above the water, though it’s too crowded with tourists. I’m forced to stay in my swimsuit amid the traffic of cruise ships, speedboats, motorboats, and other passenger vessels. After a night sail, we enter Albania. The formalities take place in the town of Shengjin, where we anchor in the harbor, the only sailboat among fishing boats, some of them quite rusty. I finish the trip in Durres, Albania’s second-largest city. A small marina hosts a few sailboats among gleaming yachts and ferries to Italy, cargo ships, and a few end-of-life hulls near a shipyard. The trip is over for me, but Fred will continue with a new crew member.

On the flight back to France, the entire Croatian coastline unfolds beneath the plane’s wings. In just a few minutes, I retrace the journey in reverse.


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